Actuellement détenu à la prison centrale, il est poursuivi pour homicide involontaire, faux et usage de faux, etc.
"Tout mal se paye ici bas", dit un adage bien connu de chez nous. Et l'interpellation de sieur Jean-Marie Mabika Nyoundou par les agents de brigade de gendarmerie de Ntoum, obéit certainement à cette logique. En effet, celui qui se faisait passer pour Dieudonné Nguimbi, a été arrêté le 26 novembre dernier par la maréchaussée, à la hauteur du nouveau marché du chef-lieu du Komo-Mondah. Au volant d'une voiture, il venait de faucher mortellement une fillette qui regagnait la maison parentale, de retour de l'école publique de Ntoum 1. Conduit au poste de police de la gendarmerie de Ntoum, Jean-Marie Mabika Nyoundou est d'abord gardé à vue pour cet homicide involontaire.
Deux jours après cet accident mortel, le vrai Dieudonné Nguimbi débarque à la brigade de Ntoum pour porter plainte contre l'usurpateur pour faux et usage de faux, abus de confiance, menace de mort et préméditation .
M. Nguimbi raconte les raisons de sa plainte contre Jean-Marie Mabika Nyoundou. En fait, il avoue avoir connu le malfaiteur depuis le lycée technique national Omar Bongo d'Owendo où ils avaient fréquenté ensemble. Après s'être perdus de vue pendant quelques années, ils se rencontrent à nouveau en 1992 Profitant de la situation de chômeur de son ancien condisciple, Jean-Marie Mabika Nyoundou, qui a déjà une idée derrière la tête, se propose alors de l'aider et lui demande un dossier.
Ne se doutant de rien et croyant aux bonnes intentions de son ami, Dieudonné Nguimbi lui remet tous les documents nécessaires à la demande d'emploi. Mais une fois en possession du dossier, Jean-Marie Mabika Nyoundou en fait des photocopies pour un usage personnel, c'est-à-dire qu'il va utiliser à son profit les diplômes de sieur Nguimbi. Ce qui lui donnera alors la qualification d'agent du Trésor public et lui permettra finalement de servir à la perception de Ntoum.
Mais l'homme ne s'arrête pas là. Grâce aux mêmes documents, il réussit à se faire établir une carte nationale d'identité et un permis de conduire.
Interrogé sur ces nouveaux chefs d'accusation, Jean-Marie Mabika Nyoundou aurait reconnu les faits. Mieux, il aurait avoué être un ancien repris de justice. En effet, précise-t-il, alors qu'il exerçait comme marin dans la capitale économique gabonaise, il avait été incarcéré après avoir donné des coups mortels à sa concubine. Ils était évadé de la maison d'arrêt de Port-Gentil lors de la confusion du désordre qui avaient régné dans cette ville à la suite de la monde Joseph Rendjambé, en 1990.
Actuellement détenu à la prison centrale de Gros-Bouquet à Libreville, Jean-Marie Mabika Nyoundou est ainsi rattrapé par son passé. Selon le code pénal, il devra payer un lourd tribut pour ses entourloupettes, actes de violence et son évasion de la prison.