Agressé par trois malfrats qui se seraient introduits par effraction à son domicile, sis au quartier Okala à une heure . avancée de la nuit, le colonel de police n'aurait eu la vie sauve, selon lui, que par un coup de pouce divin et sa connaissance des arts martiaux.
LORSQU'IL a débarqué à notre desk mercredi après-midi, en provenance d'un cabinet médical, et accompagné d'un proche, Jean-Claude Tchoua, colonel ,de police de son état, portait encore les stigmates d'une nuit cauchemardesque. Les yeux hagards, les gestes encore mécaniques, la voix parfois entrecoupée de trémolos pendant qu'il nous racontait les péripéties d'une nuit durant laquelle il a failli passer de vie à trépas.
Les faits, raconte-t-il, se déroulent dans la nuit de mardi à mercredi, aux environs de 3 h 30 m à Okala-Carrière, un quartier sis à la périphérie nord de la capitale gabonaise, lieu de résidence u colonel et conseiller du préfet de police de la ville de Libreville.
Alors que la maisonnée dort paisiblement, le colonel Tchoua est réveillé par les cris stridents provenant de la chambre de sa fille de 18 ans dont la porte est pratiquement située en face de la sienne. A peine a-t-il passé la porte de la chambre qu'il est brutalement saisi par trois hommes armés, blottis dans la pénombre du couloir de sa maison. S'en suit alors une bagarre acharnée, puis un coup de feu en direction du policier qui usa de ses connaissances en arts martiaux, notamment de self-défense, pour détourner l'arme.
Opposant une farouche résistance, l'agressé qui avait déjà réussi à désarmer l'un des malfrats, a dû cependant s'écrouler à la suite d'un coup de feu qui l'effleurera au bras. Quasiment à la merci de ses agresseurs, il bénéficiera, une première fois, d'un coup de pouce du destin quand l'arme de l'un des gangsters va s'enrayer au moment où celui-ci s'apprêtait à exécuter l'ordre, certainement de son chef qui lui demandait d"'achever" la victime. Puis, une seconde fois, quand l'ultime coup de feu enfin parti ne l'atteindra, fort heureusement, qu'à la jambe.
Gisant dans une mare de sang, le colonel de police sera sauvé parles cris de détresse des siens, appelant au secours, et par le départ précipité des gangsters, qui se sont évanouis dans la nature, avec certainement le senti-' ment de la basse besogne accomplie. Tout en tirant sur son fils de 17 ans qui esquivera, par bonheur, l'ultime coup de feu.
Les voisins de cette zone résidentielle et réputée très calme, dans le quartier Okala, réveillés par les appels au secours et les coups de feu, ne purent que constater les dégâts.
Le temps pour les esprits de s'apaiser, Jean-Claude Tchoua qui venait de s'en sortir miraculeusement, a pu ainsi saisir la Police judiciaire, puis découvrir et sauver d'une mort par étouffement son gardien, ligoté et bâillonné sur le siège de son véhicule. Mais aussi constater que la porte centrale avait été forcée et que les malfrats l'avaient délesté d'une somme de 550 000 francs, de bijoux, d'une montre, d'un passeport et d'un billet d'avion, alors qu'il devait voyager aujourd'hui.
En dépit de ces objets emportés, le colonel Tchoua n'y est pas allé par quatre chemins pour conclure qu'il a tout simplement été victime d'une tentative d'assassinat orchestrée par un ou plusieurs individus. Car, il ne comprend toujours pas comment les malfaiteurs ont fait pour découvrir la chambre qu'il occupait le plus souvent et qui a été la première à avoir été "visitée" par les bandits. Que se serait-il passé s'il avait décidé de passer la nuit dans sa seconde chambre avec son épouse ?
Il reste à savoir qui en voulait à un homme qui affirme n'avoir pas d'antécédents, ni de conflits avec qui que ce soit. Les investigations de la Police judiciaire édifieront l'opinion nationale dans les semaines ou mois à venir.
Le colonel Tchoua attend que lumière soit faite sur ce nouveau cas d'insécurité à Libreville et que ceux qui ont attenté à sa vie soient punis selon les lois en vigueur.