On s'y attendait un peu. Déjà nos confrères de « L'Union Plus », dans le célèbre billet « Makaya » avait fustigé l'attitude d'un élu de la province, qui faisait tourner les sinistrés en bourrique, retardant à dessein la répartition de l'enveloppe qui leur était destinée dans le but de garder par-devers de quoi doter une nouvelle femme.
En fin de compte, la distribution de l'aide d'Omar, suite à l'orage dévastateur qui a ravagé plusieurs habitations dans les localités d'Oyem et de Mitzic, dans la province septentrionale, en novembre 2004, n'aurait pas été tout à fait équitable.
Les échos d'une jolie grogne nous sont parvenus. Ainsi, sur les 40.000.000 de FCFA débloqués par Omar Bongo Ondimba pour parer à l'essentiel, seule une modique partie de cet argent est parvenue à quelques malchanceux bien choisis.
C'est-à-dire, triés par affinités. Quant aux autres, autrement dit une bonne partie des véritables victimes, ils devront attendre qu'un autre orage passe par là pour s'inscrire à nouveau sur la prochaine liste des victimes. C'est ici l'occasion de s'interroger sur le sens du mot « solidarité », chanté sur tous les toits, et surtout que dans nos villages on se targue trop facilement de partager, encore les vraies valeurs d'entraide et d'honnêteté.
Il nous est revenu que des personnes qui n'ont rien perdu dans le sinistre de novembre 2004, ont été alignées par affinité et ont perçu l'aide du chef de l'Etat, au détriment des véritables destinataires. Ceux qui ont été oubliés n'en finissent pas de gesticuler pour dénoncer le comportement de ceux-ci qui ont osé jouer avec leurs nerfs, avant de gérer de façon cynique et inhumaine les 40.000.000 de FCFA offerts par le chef de l'Etat.
Ce mini scandale est à mettre à l'actif du gotha politique et administratif local, qui a géré ce dossier délicat et à qui l'on devrait demander des comptes. S'il peut y avoir la volonté de faire la lumière là-dessus. On se souviendra toutefois qu'au lendemain de ce sinistre, les patrons politique et administratif de la province en tête desquels le ministre de l'Education nationale François Engonga Owono, le gouverneur, le camarade Ebe Engohang, le maire de la commune, Vincent Essone Mengue, le préfet, les responsables du service social, le directeur des travaux publics du secteur Nord-est, les autorités civiles et militaires avaient établi un constat et procédé à l'évaluation des dégâts causés par l'orage.
Ce, en rencontrant individuellement chaque sinistré pour discuter des coûts de réfection de leur bâtisse. A la fin de cette opération, des listes avaient été dressées tout au long de ces différentes visites aux allures de pré campagne. Malheureusement, la tournée s'est soldée par une politique de deux poids deux mesures, pour ne pas dire avec des bonnes victimes soutenues par des parents politiques, et des victimes à part.
A cause de la manière cavalière avec laquelle ils ont été traités, les sinistrés du quartier Adjougou par exemple, rencontrés dernièrement n'ont pas caché leur colère: « Le partage de l'argent s'est fait à la tête du client. Autrement dit, seuls ceux qui ont des affinités politiques, parentales ou amicales avec certaines autorités politiques ou administratives ont été servies ». Comme quoi, vive la solidarité !
Les véritables bénéficiaires réclament toujours leurs sous, il se raconte qu'une nouvelle liste serait en voie d'établissement par le responsable du Centre social d'Oyem. Mais rien ne certifie que cette nouvelle approche rencontrera un écho favorable. En tout état de cause, les sinistrés insatisfaits, qui ont compris à quel jeu les politiciens de la localité s'amusent à leurs dépens, se sont promptement regroupés en collectif, et menacent maintenant de perturber (?) le bon déroulement des fêtes tournantes.
En attendant de voir s'ils rejoindraient d'ici décembre 2005, le camp largement majoritaire des abstentionnistes. C'est aux hommes politiques de voir, eux qui rêvent d'offrir un 100% à Omar Bongo Ondimba à l'élection présidentielle de cette année.