Six bandits armés jusqu'aux dents y ont fait irruption emportant toute la recette du jour d'un établissement commercial tenu par des Mauritaniens.
ON croyait qu'ils avaient capitulé devant la détermination des autorités de combattre fermement 1'insécurité dans le périmètre urbain. Erreur ! Les bandits de tous poils qui écument les différents quartiers de Libreville n'auront observé qu'une trêve momentanée. Ils ont, en effet, recommencé à dicter leur loi aux paisibles citoyens à travers la capitale. Lundi soir, ce sont des commerçants mauritaniens qui en ont fait les frais au quartier Plein-ciel. Six gangsters armés jusqu'aux- dents ont débarqué dans leur magasin, situé au niveau du célèbre carrefour "Portes rouges".
Sur leur passage, les bandits ont ratisse toute la recette journalière de l'établissement commercial, estimée à plusieurs millions de francs. Comme ils ont détroussé tous les clients qui se trouvaient dans le magasin, à qui ils ont extorqué de l'argent et des objets de valeur tels que les bijoux, les montres et les portables. Selon les témoignages concordants recueillis sur place, les faits remontent à lundi dernier, aux environs de 20h30. A cette heure, de nombreux riverains font leurs dernières emplettes dans ce magasin très achalandé, qui jouxte le domicile d'un ancien député.
L'ambiance est passionnée. Soudain, des individus puissamment. armés font irruption dans le magasin et intiment l'ordre à tout le monde de se mettre à plat ventre. Tous les clients et les gérants obtempèrent, de crainte d'être envoyés ad, patres par les malfrats à l'air patibulaire et menaçant. Aussitôt, les bandits se mettent au travail, faisant prestement les pochés des clients, s'emparant, en particulier, des portables et de l'argent, dont la recette du jour du magasin.
Les victimes vivent un cauchemar. Le temps semble s'être arrêté. Avant de prendre la poudre d'escampette les malfrats - armés de fusils .de guerre - tirent, en l'air, trois salves dissuasives. Pendant ce temps, clients et gérants du magasin sont toujours à plat ventre. Personne n'ose lever la tête de crainte dé recevoir une rafale.
Ce n'est qu'un quart d'heure plus tard que les victimes osent bouger. Un réveil douloureux. Tous ont perdu quelque chose au cours de ce hold up digne d'un film de série B. Sauf qu'il s'agit d'une dramatique réalité qu'on a du mal à comprendre, car tout est allé très vite.
En moins de dix minutes, les malfrats ont réussi à dépouiller clients et commerçants. Ils ont opéré à l'aide d'un véhicule à usage de taxi. Pendant que cinq gangsters sévissaient à l'intérieur de l'établissement commercial, un autre malfrat est resté au volant du véhicule. Selon toute vraisemblance, les gangsters ont d'abord inspecté les lieux avant d'aller y commettre leur forfait.
Ce hold up n'est pas le premier du genre dans le coin. Il y a deux ans, se souviennent encore des riverains, un commerçant sénégalais fut attaqué nuitamment par une bande armée. Il n'avait dû son salut qu'à l'intervention des voisins qui avaient tiré, en l'air, des coups de feux dissuasifs.
Mais cette démarche n'a pas été possible lundi dernier, tant les gangsters arrivés à pas de loup ont fait preuve d'une célérité qui a laissé les riverains pantois. Même les nombreux clients des "Portes roues" n'ont pas osé bouger. Ils se sont tous mis à plat ventre. Les bandits ont choisi l'heure de pointe pour commettre leur forfait. C'est, en effet, vers vingt heures que les habitants de Plein-ciel-Bisséghé font souvent leurs dernières courses dans ce magasin qui ferme ses portes vers 21h30.
Après ce hold up , qui n'a heureusement pas fait de victime , la vie a repris son cours normal. En attendant les résultats de l'enquête ouverte par la Police judiciaire, les gangsters courent toujours.