Fin tragique d'une histoire d'amour. Mû par une jalousie morbide, Florent Mbazaya, 36 ans, a mis fin à ses jours hier matin, et sa compagne, d'un an son aînée, se trouve dans un état critique.
AMOUR tu me tueras ! Les histoires de coeur finissent souvent mal. Parfois tragiquement comme celle qu'ont vécue hier, en milieu de matinée, les habitants du quartier Virié 1, situé juste à côté de la direction de la Société d'exploitation du transgabonais (Setrag) à Owendo. Personne dans ce quartier ne se doutait que la dispute qui aurait duré toute la nuit entre la nommée Raymonde Namapoubiya et son concubin, Florent Mbazaya, tous deux originaires de Mékambo; allait déboucher sur un drame. Et Pourtant, c'est-bien ce qui s'est passé hier vers 10 heures du matin.
Tout serait parti de cette fameuse dispute qui aurait duré toute la nuit. Peut-être une dispute de trop, puisque selon le témoignage d une des voisines de ce couple vivant en concubinage depuis plus d'une dizaine d'années, « il ne se passe pas trois jours sans qu'ils se disputent.»
Et ce matin tragique, la femme, certainement excédée, comme elle a dû l'être tant de fois, aurait rangé les effets de son ami lui demandant de quitter cette maison où elle 1 héberge depuis deux mois. Alors que deux mois plus tôt, c'est Forent qui aurait chassé Raymonde et ses enfants de chez lui. N'exerçant aucune activité rémunératrice, il finira par les retrouver à Virié, dans la maison que loue Raymonde.
Appel du destin ? La vie du couple n'a pas fondamentalement changé, selon les témoins. L'homme toujours violent. Et la femme toujours résignée. Signe de cette violence, la femme Barde sur l'un de ses bras la cicatrice dune blessure au couteau, comme la marque d'un contrat. Témoin oculaire de cette violence quasi-quotidienne, l'une des filles de dame Namapoubiya aurait prévenu sa mère sur les dangers qu'elle encourait avec un tel amant. Elle ne semblait apparemment pas être entendue par sa maman qui devait avoir ses raisons et vivre stoïquement cette vie d'enfer.
C'est semble-t-il, la jalousie qui aurait poussé Florent Mbazaya au comportement extrême hier matin. L'amant aurait mal vécu le fait que sa compagne se soit rendu, dimanche, chez son ex-mari, le père de ses enfants, chercher de l'argent pour l'entretien des enfants à sa charge. C'est cette rencontre avec l'ex-mari qui aurait mis dans tous ses états l'amant jaloux, avec qui, Raymonde n'a eu aucun enfant. D'où cette dispute qui a duré jusqu'au matin.
L'amant, ivre de jalousie et certainement aussi sous l'effet de la drogue - il est reconnu dans le voisinage comme un fumeur de chanvre dont il aurait consommé hier matin - a fait usage d'une arme à feu, un calibre 12, pour mettre fin à sa vie après avoir tenté de tuer sa femme de deux coups de feu. Tout est allé si vite que les témoins n'en revenant pas.
Armé du fusil, l'homme aurait poursuivi sa "femme" qui s'était réfugiée dans une maison voisine. C'est dans celle-ci que Florent Mbazaya aurait tenté de tuer Raymonde en tirant deux coups de feu, dont un a transpercé son bras gauche, manquant de tuer le bébé de la voisine qu'elle tenait dans ses bras. C'est à la vue du sang, et croyant qu'il avait tué sa concubine que l'amant jaloux est parti s'enfermer dans la chambre conjugale où il a commis l'irréparable : il s'est tiré une balle dans la tête.
A notre passage hier en fin de matinée, son corps inerte était encore étendu sur le lit. Sur le toit, des impacts de balles étaient visibles. Admise d'abord au bloc opératoire du Centre hospitalier de Libreville, (CHL), la dame était dans un état critique. Selon sa fille, elle aurait besoin d'une transfusion ayant perdu beaucoup de sang. Aux dernières nouvelles, elle a été admise à la polyclinique El Rapha pour des soins intensifs.
L'arme du crime (dont on se demande encore comment le défunt Florent Mbazaya a pu se la procurer) est entre les mains des éléments de la brigade de la Setrag, qui ont ouvert une enquête autour de ce crime passionnel.