Le Camerounais a été interpellé le 10 février dernier par les éléments du service des affaires criminelles de l'état-major des polices d'investigations judiciaires.
LES éléments du service des affaires criminelles de l'état-major des polices d'investigations judiciaires viennent, une nouvelle fois, de démontrer leur efficacité et leur savoir-faire en mettant la main sur l'auteur présumé de l'assassinat d'un ressortissant français, le 1er février écoulé dans un grand hôtel de la place, le docteur Loïc Dechazal, alors en mission à Libreville, en provenance de Moanda où il exerçait comme médecin-chef de l'hôpital de la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog) basé à Moanda (sud-est du Gabon).
En cavale depuis le début du mois en cours, "Thomas Anderson", de son vrai nom Thomas N'guindjoi-Obame, de nationalité camerounaise, a été maîtrisé par les éléments du service des affaires criminelles neuf jours plus tard.
Selon les déclarations du chef d'état-major des polices d'investigations judiciaires par intérim, les faits remontent au 1er février 2005. C'est aux environs de 11h30 que le service est informé par le directeur général de ce grand hôtel de la place par téléphone, de la découverte d'un corps sans vie dans l'une des chambres dudit établissement.
Le transport immédiat sur les lieux des éléments du service des affaires criminelles va permettre de constater, en présence du directeur général, de son adjoint et de l'infirmier de l'hôtel, le corps inanimé d'un individu de sexe masculin et de race blanche, couché sur le dos et qui présentait un visage boursouflé avec des filets de sang sur la moquette.
Toujours selon les informations recueillies auprès du chef d'état-major, les investigations entreprises tout au long de l'enquête ont démontré que le téléphone cellulaire, l'ordinateur portable et une enveloppe contenant une somme de 50 000 francs, ainsi que deux cartes de crédit de la victime avaient disparu.
Les vérifications effectuées tant à l'hôtel qu'ailleurs, ont fait ressortir un faisceau d'indices qui s'orientaient vers un certain Thomas Anderson, voisin de chambre du disparu, notamment l'enregistrement du système de vidéo surveillance de l'hôtel.
Interpellé puis interrogé le 10 février 2005, ce dernier a reconnu sans ambiguïté être l'auteur de l'assassinat du Dr Loïc Dechazal, dans la nuit du 31 janvier au 1er février aux environs de 3 heures du matin. «En fait, je 'n'ai pas su qu'il devait mourir. Je l'ai également appris après», a-t-il avoué.
Dans son argumentation, le mis en cause a tenté de justifier son acte criminel par le fait qu'il voulait honorer absolument ses dettes évaluées à plus de 900 000 F. On apprendra aussi que la chambre que lui, Anderson, occupait au 5e étage servait tout juste à localiser les victimes potentielles.
Quelles sont les raisons qui ont poussé Thomas Anderson à tuer de sang-froid le Dr Loïc Dechazal ? Quel genre d'arme a-t-il utilisé pour accomplir son forfait ? Autant d'interrogations auxquelles le présumé meurtrier n'a pas voulu répondre devant la presse. «Je n'ai rien à vous dire, je parlerai une bonne fois au tribunal», a-t-il martelé.
Malgré tout, on note que les effets du défunt médecin ont été retrouvés entre les mains de Thomas Anderson, notamment l'ordinateur portable et le téléphone cellulaire. L'intéressé a été déféré au parquet hier dans l'après-midi.