Cinq faussaires - quatre Camerounais et un Gabonais -, opéraient avec la complicité des agents de la préfecture et de la mairie de Ntoum. Ils croupissent désormais à Gros-Bouquet.
QUATRE Camerounais, Romuald Mbassi Mfeg, alias Ndong, Nana SéRIPHI, alias Laurent Louembet, pouemeu Popossi Emile, alias Bertrand Obiang et Ambono Marie-Paule (cerveau du groupe et qui serait entrepreneur ainsi que le Gabonais Mba Nzoghé Thierry, agent à la préfecture de Ntoum, ont été présentés devant le juge, et écroués à la prison centrale de Libreville pour faux et usage de faux actes de naissance et des passeports gabonais.
Ce sont les services de la direction générale de l'Emi-Immigration (DGEI) qui viennent de démanteler ce réseau spécialisé dans la fabrication de passeports ordinaires gabonais au profit des expatriés désirant se rendre en Europe et aux Etats-Unis. La Camerounaise Marie-Paule Ambono était l'initiatrice de ce stratagème qui dure déjà depuis plusieurs mois.
En effet, parallèlement à son activité d'entrepreneur, dame Ambono accueillait des étrangers fraîchement débarqués sur notre sol avec des visas et des cartes de séjour, délivrés par nos services compétents, afin de leur faire établir des documents d'identité et des passeports gabonais. Des documents qui leur permettaient, pour les plus chanceux, de poursuivre leur voyage vers différents pays d'Europe et d'Amérique..
Selon les investigations policières, c'est sur la base des attestations de congés complaisants conçus et signes par Ambono d'une part, et d'actes de naissances entachés de nombreuses irrégularités, délivrés par la mairie et la préfecture de Ntoum, avec la complicité de jean Maganga et Thierry Mba Nzoghé, agents d'état civil de ces deux administrations que s'établissaient les faux documents. Pour tromper la vigilance des services de la DGEI, d'autant qu'en pareille circonstance, il est souvent difficile de douter de l'authenticité des pièces fournies pour l'obtention d'un passeport, Ambono versait à ses complices agents d'état civil des sommes variant entre 15.000 et 20.000 F cfa par extrait d'acte de naissance.
Le malheur de la bande proviendra du Camerounais Emile Popossi, devenu Gabonais avec le nom de Bertrand Obiang refoulé de Paris (France), où il avait réussi à se rendre. Cuisiné, il est passé aux aveux en édifiant les enquêteurs sur le fonctionnement de ce réseau dont la réputation avait déjà traversé les frontières gabonaises. Sieur Popossi soutiendra qu il aurait déboursé la somme de 800.000 F cfa pour l'établissement du passeport de sa nouvelle nationalité.
Une descente policière au domicile de dame Ambono, citée comme fournisseur de ce passeport, à Derrière-l'hôpital, permet aux policiers non seulement de saisir plusieurs documents compromettants, mais également d'interpeller des étrangers de diverses nationalités qui séjournaient en terre gabonaise depuis plusieurs semaines, avec des passeports ordinaires gabonais, délivrés sous des noms d'emprunt, après avoir déboursé des sommes faramineuses allant de 500 000 à 1 000 000 Fcfa.
L'un d'eux, Bah Mamadou Bailo alias Mba Alain Serge, un mineur guinéen, élève au lycée Martin Luther King de Conakry, a été refoulé.
Si l'un des Gabonais, Mba Nzoghé Thierry, agent à la préfecture de Ntoum a été présenté au parquet avec ses compères étrangers, puis écroué à la prison centrale de Libreville, quatre autres Gabonais, présumés complices, à savoir deux élus locaux, un responsable administratif et l'agent municipal, Jean Maganga, tous en servie à Ntoum, passeront en instruction prochainement.