Une trentaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur l'attaque d'une gendarmerie au cours de laquelle deux gendarmes avaient été battus, dont l'un à mort, par des villageois en colère de la province gabonaise de la Ngounié (sud), a indiqué mardi le ministère de la Défense.
"Une trentaine de personnes ont été interpellées. Une vingtaine sont (en garde à vue) à la brigade de gendarmerie de Mouila (300 km au sud-est de Libreville), et une dizaine ont déjà été déférées à la prison centrale de Mouila", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère, Gervais Oniane.
Les interpellations et l'enquête se poursuivent, a précisé M. Oniane, ajoutant que les responsabilités exactes de chacune des personnes interpellées dans le passage à tabac des deux gendarmes "restent à définir".
Le 9 septembre, les habitants du canton de Basse-Louétsi avaient attaqué la gendarmerie de Lébamba (400 km au sud-est de Libreville) en représailles à la mort d'un jeune homme, tué dans des circonstances non élucidées lors d'une intervention des forces de l'ordre venues démanteler des barrages érigés quelques jours plus tôt pour appuyer des revendications locales.
Les villageois en colère avaient pris en otage les deux gendarmes, qu'ils avaient publiquement humiliés et battus. L'un d'eux avait succombé tandis que l'autre, donné pour mort dans un premier temps après avoir sombré dans le coma, avait été grièvement blessé.
"Agir comme l'ont fait ces populations du sud du pays est un acte de barbarie sans précédent, qui aurait pu compromettre la paix et la stabilité de notre pays", a déclaré le ministre gabonais de la Défense, Ali Bongo Ondimba, dans un discours prononcé lundi devant des responsables militaires et diffusé à la télévision nationale.
"Il n'y a pas eu bavure de la part de nos hommes", a assuré le ministre, s'appuyant sur un rapport médical indiquant que le jeune homme tué avait été "touché par une arme civile et non une arme de guerre". "Et même s'il y avait eu bavure, rien ne saurait justifier ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.
Selon le ministère de la Défense, le jeune homme a victime d'un tir d'un des manifestants qui avaient ouvert le feu avec des armes de chasse sur les forces de l'ordre qui démantelaient les barricades.
Mi-septembre, un porte-parole des ressortissants du canton, Cyrille Massala, avait démenti cette version, assurant qu'"à aucun moment les manifestants n'ont exhibé de prétendus fusils de calibre 12 et encore moins n'en ont fait usage".
La situation avait été stabilisée après l'envoi d'importants renforts de gendarmerie dans la région.