L'accident qui s'est produit à 130 km environ de Libreville sur la Nationale l est imputable, une fois de plus, à l'excès de vitesse.
DÉCIDÉMENT, la Nationale 1 n'en finit pas de faire des victimes. Dimanche dernier, une femme, Christine Djidona, la soixantaine révolue, a été mortellement renversée par une voiture de marque Toyota Hiace, au village Agricole a environ 130 km de Libreville. L'accident qui s'est produit aux alentours de 16 h 30 a été fatal à la sexagénaire, alors qu'elle se rendait à l'église de l'Alliance chrétienne de ce village, à seulement 200 mètres de son domicile, pour la prière du soir.
Selon les déclarations des parents et des témoins que nous avons rencontrés sur les lieux du drame, le véhicule, un car dont aucun témoin n'a pu relever la plaque d'immatriculation, avait à son bord plusieurs passagers en partance, sans doute pour Lambaréné. Il roulait à vive allure quand le chauffeur en a perdu quelque peu le contrôle, avant d'aller percuter la vieille femme qui se trouvait pourtant §sur le bas-côté de la chaussée. Le choc était d'une violence telle que la vieille dame a été projetée de l'autre côté de la voie et est morte sur le coup.
A notre arrivée sur les lieux, le corps gisait encore au sol et présentait des hématomes au niveau des narines et de la tête, avant d'être transporté sur Libreville par la société des pompes funèbres Casepga.
Après l'accident, certains témoins affirment avoir vu le car, de couleur rouge, s'arrêter quelques mètres plus loin. Le chauffeur et quelques passagers sont descendus pour transporter le corps sur le bas-côté,- avant de prendre la poudre d'escampette. Sans doute de peur des représailles de la part des villageois. D'autant que, selon des gendarmes en poste à la brigade de gendarmerie de Kango, les habitants d'Agricole ont la réputation de pratiquer la loi du Talion vis-à -vis des conducteurs à l'origine de la mort d'un des leurs.
Ils ont cité l'exemple d'un chauffeur qui avait fauché une femme de ce village, il y a quelques années et qui avait été pris à partie par les habitants. Même si la victime n'avait pas perdu la vie à la suite de cet accident, il n'empêche que le malheureux chauffeur, toujours selon les gendarmes, avait eu les yeux arrachés par les habitants du coin, en proie à une rage homicide.
Un précédent qui fait que les chauffards ont une peur bleue de ce village, et aucun ne peut désormais se risquer, après un accident, comme celui de dimanche, d'y demeurer pour le constat, comme il se doit.
Toujours est-il qu'en dépit de la fuite du chauffeur, les gendarmes de Kango affirment avoir donné l'alerte à leurs collègues de Bifoun pour arraisonner toutes les voitures qui répondaient au signalement. C'est-à-dire un car de 16 places Toyota Hiace de couleur rouge. C'est du moins ce que nous ont fait savoir les témoins sur les lieux de l'accident.
En attendant, le village Agricole était dimanche dernier plongé dans l'émoi et la consternation pour avoir perdu tragiquement un de ses membres.