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Un vigile tué et 91 millions emportés par les bandits
Auteur:  L'Union  | Date: 31 Août 2004  | Réactions ()
Section: Faits Divers

Jean-Marc Olimbo, 33 ans, qui travaillait pour la Société gabonaise de services (SGS), a été abattu par des gangsters, qui se sont ensuite emparés de l'argent destiné aux salariés du PDG que le comptable de ce parti venait de récupérer dans une banque.

JEAN-MARC Olimbo, Gabonais, 33 ans, agent de la Société gabonaise de services (SGS), a payé le prix lourd. En voulant protéger l'argent du personnel du Parti démocratique gabonais (PDG), il a été froidement abattu par des bandits venus faire main basse sur les fonds qu'il transportait dans une mallette, en compagnie de son collègue Francs Agoudouma, de nationalité nigériane, et du comptable de cette formation politique, Albert Meyé.

Le vigile a reçu une décharge mortelle au moment où il tentait de repousser les agresseurs. De fait, selon les témoins oculaires, tout se serait passé comme dans une scène de polar hollywoodien. C'était hier en fin de matinée, sur les coups de 11 heures.

Le scénario est des plus classiques. Le comptable du PDG, Albert Meyé, décide d'aller à la banque récupérer le salaire des employés de cette formation politique qui doivent être payés car c'est la fin du mois. Le personnel du parti, en effet, piaffe d'impatience. Et ce lundi matin, toute monde a les yeux rivés vers le comptable qui fait des va-et-vient entre son bureau et celui du trésorier général du parti, Marcel Doupamby Matoka.

Après avoir récupéré un chèque d'un montant de 91 millions de F CFA, Albert Meyé s'embarque dans sa voiture, en compagnie de deux agents de sécurité de la SGS Jean-Marc Olimbo, un ancien champion du Gabon et international en arts martiaux, et son collègue Francis Agoudouma.

A l'Union gabonaise de banque (UGB), le comptable du PDG remplit les formalités relatives au retrait des fonds. Un exercice auquel il se soumet chaque fin du mois. Et qui a donc dû finir par être étudié par les malfaiteurs. D'autant que les montants à récupérer sont souvent importants. Cette fois-ci, il s'agissait de 91 millions de F CFA.

Pour compter l'argent, l'homme se fait aider par un agent de la banque et les deux vigiles avec lesquels il s'est retiré dans un coin , loin des regards indiscrets. Ils rangent .méthodiquement les liasses dans une grosse mallette. Après quoi, Albert Meyé quitte la banque avec les deux agents et son chauffeur.

RAFALE • Pourtant, un groupe de cinq gangsters, probablement informé de la transaction, les guettent, et attend son heure pour passer à l'acte. Ceux-ci ont garé leur véhicule- devant un snack-bar qui joute la banque, deux-de leurs complices étant restés dans la voiture. Quand Albert Meyé en sortant de la banque monte aussitôt dans sa voiture, avec les deux vigiles. C'est Jean-Marc Olimbo qui tient la mallette. Arrivés devant le siège du PDG, les deux agents descendent les premiers, la mallette sous le bras. Et c'est à ce moment-là que les choses se gâtent.

Trois bandits armés de deux fusils à canon scié et d'un revolver surgissent de nulle part. L'un d'eux tente de s'emparer de la mallette. Mais le jeune Olimbo, qui a gardé intacts ses réflexes de sportif de haut niveau, jette aussitôt au loin le sac d'argent pour le mettre hors de portée des braqueurs. Mais c'était compter sans la cruauté implacable du gangster. Ce dernier sort son revolver et tire froidement, à bout portant sur Olimbo qui s'écroule pour ne plus se relever. Pour tenter de repousser les assaillants, Francis Agoudouma sort, à son tour, son arme. Mais un deuxième braqueur lui envoie une rafale au niveau du flanc gauche.

Pour disperser les passants, les bandits tirent en l'air et s'emparent de la mallette. Puis, avant de s'évanouir dans la nature, ils tirent un troisième feu en l'air. La panique e de tous ceux qui se trouvent aux alentours. Tous les magasins qui jouxtent le lieu du braquage ferment aussitôt portes et volets. Le personnel du PDG se réfugie dans l'ancien immeuble Petrogab, qui abrite les bureaux des hiérarques du parti.

Après la tempête déclenchée par les gangsters, les notoriétés du parti, Simplice Guedet Manzela, Marcel Doupamby Matoka, Jean-Norbert Diramba, auxquels est venu se joindre Réné Ndemezo Obiang, n'ont pu que constater les dégâts : deux vigiles dans une mare de sang. L'un Jean-Marc Olimbo, a rendu l'âme. L'autre, Francis Adougouma, est grièvement blessé. Mais ses jours ne sont pas en danger.

En réalité, Jean-Marc Olimbo est mort parce qu'il ne portait pas de gilet pare-balles. «S'il avait porté un gilet pare-balles, il ne serait pas mort. Le choc aurait été amorti par cet équipement, qui fait malheureusement défaut à nos vigiles », a relevé un médecin du Centre hospitalier de Libreville (CHL).

Au demeurant, ce braquage pose à nouveau le problème de l'insécurité qui règne actuellement à Libreville. La capitale de notre pays est devenue un véritable «coupe-gorge», nonobstant la présence des agents de sécurité dans certains points névralgiques de la ville. A la lumière des explications des témoins oculaires, il ressort que les policiers qui régulaient la circulation hier au moment de ce hold-up au siège du PDG se sont empressés de prendre la poudre d'escampette. Ne dit-on pas qu'il vaut mieux être un lâche vivant qu'un héros mort ?


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