Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction hier soir et que nous publions in extenso, le ministère de la Défense nationale revient en détail sur les évènements qui ont abouti à la mort, notamment, de deux gendarmes. Les auteurs de cet acte criminel, ainsi que leurs présumés commanditaires, en répondront devant la justice, annonce le texte.
«LE 2 septembre 2004, consécutivement à un mouvement d'humeur des populations d'un regroupement de villages situés sur l'axe Lébamba-Mbigou, des barricades ont été érigées au niveau du village Mandj-issali.
Au nombre des revendications de ces populations, il y a notamment la reprise des fournitures en électricité, l'érection de leur regroupement de villages en district et la dotation d'une cinquantaine de tables-bancs pour la rentrée scolaire.
Suite à l'intervention des gendarmes, pour procéder à la levée des barricades et permettre la libre circulation des personnes et des biens, un groupe de manifestants armés de fusils de type calibre 12 et hostiles à la présence des forces de l'ordre, a jeté des projectiles aux gendarmes et ouvert le feu.
Face à ces populations civiles, les gendarmes ont tiré en l'air et fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants et porter secours aux deux blessés graves qui ont ensuite été transportés à l'hôpital de Bongolo.
Douze gendarmes blessés au cours de cette intervention ont également été admis à l'hôpital.
En dépit d'un relatif retour au calme, ayant appris ce jour (hier) le décès de l'un des deux blessés graves, en l'occurrence M: Sobo Fernand, les populations de Makongonio ont entrepris de se faire justice.
A bord d'un véhicule administratif de la mairie de Mbigou, des manifestants se sont ainsi rendus à Lébamba, où ils ont séquestré et enlevé le commandant de brigade et l'un de ses collaborateurs, qu'ils ont emmenés vers leur village, où ces deux représentants de la force publique ont été battus à mort au village Ndoubi, situé à 7 kilomètres de Makongonio.
L'un des gendarmes est décédé ce matin (hier). Il s'agit du commandant de brigade, l'adjudant Bayenda Ikapi Jean-Pierre. L'autre gendarme, le maréchal des logis chef Massika Nyelet Abraham, qui était entre la vie et la mort, vient également de décéder.
Prendre en otage et assassiner ainsi des agents des forces de l'ordre est un acte criminel extrêmement grave, quel que soit le mobile de ses revendications.
Face à cette situation, tout en présentant ses condoléances aux familles ainsi éplorées, le ministre de la Défense nationale, qui en a rendu compte au président de la République, a décidé de l'envoi immédiat d'un renfort militaire projeté sur zone, avec pour mission : le rétablissement de l'ordre et l'arrestation de toute personne impliquée, de près ou de loin, dans le déroulement de ces évènements.
Par ailleurs, le ministère de la Défense nationale, qui s'insurge contre ces actes d'incivisme, tient à adresser une sérieuse mise en garde aux populations concernées par ces évènements, qui doivent immédiatement déposer leurs armes, et se mettre à la disposition des autorités compétentes.
Les enquêtes en cours permettront de dégager la responsabilité des uns et des autres. Les auteurs de ces actes, et leurs présumés commanditaires, en répondront devant la justice qui, en de telles circonstances, est appelée à appliquer la loi dans toute sa rigueur».
Ali Bongo Ondimba,
Ministre de la Défense nationale