Deux gendarmes gabonais ont été tués jeudi dans le sud du pays par des villageois en colère qui ont attaqué la brigade de Lébamba (400 km au sud-est de Libreville) pour protester contre la mort d'un des leurs, a annoncé le porte-parole du ministère gabonais de la Défense.
"Des manifestants se sont rendus à Lébamba, où ils ont séquestré et enlevé le commandant de brigade (de gendarmerie) et un de ses collaborateurs, qu'ils ont emmenés vers leur village. Ces deux représentants de la force publique ont été battus à mort", a déclaré jeudi ce porte-parole, Gervais Oniane, dans un communiqué lu à la presse.
Selon le ministère de la Défense, les manifestants ont attaqué la brigade de gendarmerie après avoir appris jeudi le décès d'un des leurs, blessé il y a quelques jours lors d'une intervention des forces de l'ordre destinée à démanteler les barricades qu'ils avaient érigées pour appuyer des revendications locales.
Le ministère de la Défense a annoncé que des renforts de gendarmerie avaient quitté jeudi soir Libreville pour rétablir l'ordre dans cette portion de la province de la Nyanga.
"Le ministre de la Défense a décidé l'envoi immédiat d'un renfort militaire projeté sur zone avec pour mission le rétablissement de l'ordre et l'arrestation de toute personne impliquée, de près ou de loin, dans le déroulement de ces événements", explique le communiqué.
Les barricades avaient été érigées le 2 septembre dernier sur l'axe Lémamba-Mbigou par des habitants d'un groupement de villages, dont le plus important est celui de Makongonio, pour demander notamment la reprise de la fourniture - suspendue - d'électricité, ainsi que des tables avec des bancs en vue de la rentrée scolaire.
Dans une intervention destinée à démanteler ces barrages, douze gendarmes ont été blessés et deux civils grièvement atteints dans des circonstances non précisées, selon le communiqué.
Le ministère explique simplement qu'un "groupe de manifestants armés de fusils de type calibre 12 (fusils de chasse, ndlr) et hostile à la présence des forces de l'ordre a jeté des projectiles aux gendarmes et ouvert le feu" et que les gendarmes se sont contentés de tirer en l'air et de faire usage de grenades lacrymogènes.
Jeudi soir, le ministère de la Défense a adressé "une sévère mise en garde aux populations concernées (...) qui doivent immédiatement déposer leurs armes et se mettre à la disposition des autorités compétentes".
Dès le 2 septembre, le Conseil des ministres avait demandé que "les forces de l'ordre ouvrent sans délai les voies de communications (...) à Makongonio" avant d'appeler au respect "de l'autorité de l'Etat" et de "s'insurger contre la multiplication (...) de manifestations et d'actes illicites et illégaux".