Un grumier roulant à vive allure a percuté un camion chargé de gravier, lequel a heurté de plein fouet un taxi-bus qui débarquait des passagers.
LES habitants du quartier Virié, entre l'entrée de Baracuda (en face de l'Ecole nationale de gendarmerie) et le siège de Sétrag (la compagnie ferroviaire) sont encore sous le choc. Tout comme les éléments de la brigade de gendarmerie nationale Setrag (de leur propre aveu), venus sur les lieux de l'accident de la circulation qui a fait 5 morts, 3 blessés graves, 13 autres victimes et d'importants dégâts, matériels hier.
Selon les témoignages, que corrobore du reste le procès-verbal établi par la maréchaussée, le drame s'est produit aux environs de 10 h 45. C'est une des neuf billes d'okoumé que, transportait le grumier qui a cogné le camion chargé de gravier à ras bord, lequel, à son tour, a violemment heurté le taxi-bus qui venait de marquer un arrêt pour laisser descendre des clients.
Le grumier, de marque Mercedes-Benz immatriculé 9571 GlL,propriété de la société SEEF, conduit par un compatriote, roulait à vive allure et n'a pas observé les règles de conduite. «Il voulait à tout prix dépasser le camion de gravier», ont affirmé les témoins, qui disent avoir relevé le taxi-bus, afin de porter les premiers secours aux victimes, en attendant les forces de l'ordre et les sapeurs-pompiers. A les en croire, à l'issue de la collision entre le camion et le taxi-bus, celui-ci s'est soulevé, puis est retombé sur la chaussé. La violence du choc l'a fait se retourner comme s'il faisait demi-tour: A la suite de cette collision, on a dénombré 21 victimes au total. Tous les infortunés ont été conduits au Centre hospitalier de Libreville (CHL), ou la devanture du service des urgences a été prise d'assaut. La nouvelle s'est, en effet, répandue comme une traînée de poudre. Jusqu'à hier soir, les lieux ne désemplissaient pas.
Les trois cas graves, des femmes, ont été immédiatement admis au bloc opératoire. Parmi les cinq personnes décédées, qui n'ont pas encore été toutes identifiées, on compte un enfant.
L'autre cas pathétique est celui de Sy Alassane. Les habitants de Virié se demandent pourquoi ce boutiquier sénégalais s'est vu obligé d'aller donner un coup de fil à la cabine qui se trouve au bord de la route, alors qu'il est lui-même gérant d'un «point téléphone» ! Avec deux autres personnes, l'homme a été mortellement fauché par le taxi-bus alors qu'il retournait chez lui. Ce sont les premières victimes, avant une passagère qui a eu le corps déchiqueté.
Le conducteur du grumier est sorti indemne de l'accident. Pour l'heure, il est gardé à vue à la brigade de gendarmerie de Setrag. Le drame d'hier pose à nouveau le problème de la circulation des grumiers et autres semi-remorques et porte-charges dans la ville.
Mais, il semble que le nombre élevé de victimes est aussi dû au fait que les chauffeurs des taxi-bus ont pris l'habitude de surcharger leurs véhicules. Celui qui a eu l'accident hier est de marque Toyota Hiace. Normalement, il est autorisé à transporter 15 passagers en plus du chauffeur. Mais, après avoir modifié ou change les sièges, les conducteurs embarquent 18 ou 19 personnes.