La molécule mise en évidence par le chercheur gabonais, pour le blocage du VIH, virus responsable du sida, se présente comme l'une des curiosités de ce salon exposition à l'occasion des 40 ans de l'OAPI.
UNE des curiosités qui fascine et attire de nombreux visiteurs à ce troisième salon africain de l'invention et de l'innovation technologique dans les locaux de l'hôtel Okoumé Palace, dans la foulée des manifestations célébrant les 40 ans de l'organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), c'est bien le stand de la molécule IM 28, pour la lutte contre le Sida, cette peste des temps modernes.
En commençant par le Premier ministre, chef, du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, qui, visitant mardi 3 septembre l'ensemble des stands, a très longuement écouté le Pr Mavoungou. Avant de lui serrer de manière solennelle, fièrement et chaleureusement la main, comme pour l'encourager.
Mise en évidence depuis la fin des années 1990 par notre compatriote, le Pr Donatien Mavoung ou, lm 28 est une molécule capable de changer le cours des choses dans l'évolution de cette maladie qui affecte aujourd'hui plus de 35 millions de personnes sur la planète, selon des chiffres de l'ONUSIDA, du fait de son action synergique avec les antirétroviraux, AZT, 3TC..., en prévenant de façon très significative les effets secondaires, en particulier, la lipodystrophie.
Les premiers résultats montré des signes intéressants dans l'inhibition de la Reverse Transcriplase et du NF-Kappa B impliqués dans la réplication du virus d'immuno déficience humaine.
D'ailleurs, .1'IM 28 a été l'une, sinon la dernière contribution dans le cadre de la XIVe conférence internationale sur le sida, tenue du 7 au 14 juillet dernier à Barcelone (Espagne).
En effet, selon son concepteur, la molécule a normalisé les niveaux d'hémoglobine chez le malade du sida après 3 à 6 mois de traitement. Ce qui signifie une augmentation des niveaux des CD4 et une régression de la charge virale du malade, donc une amélioration du statut de celui-ci.
COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE • Il convient de noter, selon les données de la littérature scientifique, que l'hémoglobine est le réservoir du monoxyde de carbone : un gaz qui combat le stress oxydatif impliqué dans la progression de la maladie du sida.
Ainsi l'IM 28 s'inscrit dans une approche vaccinale anti VIH, puisqu'étant analogue de la DHEA, il contribue à augmenter les cellules NK et leur activité.
Les effets bénéfiques de la molécule d'origine gabonaise sur le malade du sida ont d'ailleurs été publiés dans la prestigieuse revue scientifique américaine de New York, Nucléotides, Nucleic, Acides, 2000, sur les antirétroviraux
Il s'agit donc d'une avancée très remarquable dans le génie africain de la recherche médicale, qui sera d'ailleurs l'une, sinon la principale préoccupation lors de la conférence ministérielle qui aura lieu la semaine prochaine, bien que beaucoup plus orientée vers la pharmacopée.
La molécule, qui aurait aujourd'hui une grande aura auprès de la communauté scientifique, avait déjà été présentée lors de la conférence internationale sur le sida tenue à Durban (Afrique du sud) du 9 au 14 juillet 2000.
La maison d'édition italienne, "Munduzzi Editore", publiait déjà, il y a deux ans, sous forme d'articles que "l'IM 28 est une approche immunothérapeutique anti VIH particulièrement innovante qui ouvre de nouveaux horizons dans le traitement de la pandémie du sida".
C'est donc l'un, sinon le plus grand fruit de plus de vingt-cinq ans de recherches pour ce fils du Gabon, professeur habilité à diriger des recherches dans des universités, sur une hormone, la Déhydropiandrostérone(DHEA) dont le métabolisme a été étudié sur les effets de l'hypertension artérielle, mettant en évidence le facteur stress. Lequel est non négligeable c dans la réactivation du virus et dans le cas d'infection parasitaire et d'immunotoxicité.
Malgré quelques poches de contestation, on indique que les travaux et études in vitro menés par des grands spécialistes mondiaux de la question du sida tel le Pr Park Wainberg, président de la société internationale du sida en 1998-2000 et professeur à l'université Mc Gill, où le 3TC a également été expérimenté, ont permis de constater que l'IM 28 inhibe la réplication du virus VIH dans le cas de résistance à l'AZT et au 3TC.
"Je ne dis pas que j'ai déjà trouvé le médicament qui soigne la maladie du sida, mais je dis simplement que l'IM 28 a démontré sa capacité à inhiber la phospholipase A2", précise le chercheur gabonais. "L'action de l'IM 28 prévient donc l'infection" comme le souligne le "Canadien journal of infectious disease" (vol 11, supplément B d'avril 2000).
COMPRIMÉS • De l'étude clinique de 18 mois, supervisée il y a presque deux ans, par le Dr. Maka, au centre hospitalier de Libreville, les signes n'avaient pas été mauvais. Ainsi, on rappelle que sur 111 malades classés selon la classification du CDC d'Atlanta (USA) avec le concours de, l'OMS, 100 d'entre eux, après absorption des comprimés de l'IM 28, ont vu leur poids, les lymphocytes, les plaquettes et leurs taux d'hémoglobine se normaliser de façon significative. Ces malades, précise t-on, avaient vu leur appétit stimulé et leur stress diminuer.
Deux décennies après l'apparition des premiers cas de sida, dans notre sous-région, le bilan est catastrophique. Le défi à relever est donc de taille.
C'est certainement aussi l'occasion pour nous d'exprimer notre solidarité à ce compatriote qui a consacré la moitié de sa vie à l'activité de recherche sur une molécule d'actualité, la DHEA impliquée dans le processus de pénétration du virus dans la cellule hôte. En effet, le Pr Mavoungou, aujourd'hui académicien et inventeur a fêté ses 55 ans le 28 août dernier. D'où le nom de son invention : IM28.