C'était au cours de son assemblée générale vendredi dernier.
LA pluie qui est tombée vendredi dernier pendant toute la journée a empêché plusieurs membres du syndicat "Solidarité" de prendre part à l'assemblée générale prévue ce jour-là pour 15 heures. Ce qui a failli causer le report de ladite réunion. Mais, compte tenu de l'importance de l'ordre du jour, les organisateurs l'ont maintenue.
Le non-versement par la mairie de Libreville des cotisations sociales à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) a été le principal sujet débattu, avec ses corollaires, le non-paiement des allocations familiales, des pensions vieillesse et celui des indemnités aux ayants droit des agents décédés, entre autres.
S'agissant du non-versement des cotisations à la CNSS, les agents municipaux ne s'expliquent pas cette situation, d'autant que des prélèvements sont régulièrement faits sur leurs salaires. Le bureau communal du syndicat a par ailleurs révélé que le budget 2002 de l'Hôtel de Ville ne prévoit le paiement des cotisations que pour trois trimestres. Or, le budget est confectionné pour une année, laquelle comporte naturellement quatre trimestres.
L'irrégularité de la situation de la mairie de Libreville vis-à-vis de la CNSS a poussé cette institution à suspendre les prestations qu'elle assurait a1 endroit des agents municipaux. Conséquence, ceux-ci n'ont pas perçu les allocations familiales sur quatre trimestres. Le 6 janvier prochain, ont-ils confié, cette privation totalisera cinq trimestres.
Les agents municipaux essuient en outre le refus par les établissements sanitaires relevant de la CNSS de les admettre en leur sein. La perte de cet avantage les contraint à s'adresser aux centres de soins privés. Un recours qui n'est r as sans conséquences sur leurs revenus.
Autre conséquence du non versement des cotisations, l'impossibilité pour les anciens employés de l'Hôtel de Ville de percevoir la pension vieillesse. Certaines langues ont rapporté que des agents seraient décédés avant d'avoir touché CNSS leur pension. A propos des agents décédés, toujours pour les mêmes raisons, la toujours pour oppose un refus catégorique au versement à leurs ayants droit des indemnités.
Mais le non-paiement des cotisations sociales n'est pas le seul mépris du protocole d'accord que les agents municipaux reprochent à la tutelle. Ils se demandent également pourquoi elle n'a pas encore organisé leur visite médicale annuelle. Pour amener leur employeur à appliquer ce protocole d accord, signé par les deux parties sous la médiation du président du Conseil économique et social, les agents municipaux ont envisagé une action en justice.
D'autres points considérés comme des divers ont été évoqués. Par exemple les retenues sur salaires auxquelles les autorités municipales procèdent "pour cause d'absences non justifiées au service". Un arrêté daté du 11 octobre dernier, en circulation dans la salle lors de l'assemblée générale, fait état de retenues sur salaires concernant quatorze employés. Les agents municipaux, loin de ruer l'absentéisme de certains de leurs collèges, estiment que la sanction ne s'explique pas pour d'autres cas. Tel celui de ce monsieur qui aurait fourni toutes les pièces justifiant ses absences et qui, visiblement exaspéré, est allé jusqu'à se demander "où va l'argent que l'on retire à un planton ou à un éboueur". L'atmosphère était manifestement à l'irritation.
Signalons l'organisation dès ce matin, à la mairie de Libreville, d'un séminaire par le syndicat "Solidarité", la Cosyga et leurs partenaires dont Fédération panafricaine des syndicats des services publics. Le thème de cette rencontre qui durera cinq jours est : "L'impact de la décentralisation et de la privatisation des services publics au Gabon".