La Société gabonaise de transport (Sogatra), qui entend rompre avec la gratuité du transport scolaire, met en application, dès ce matin, cette tarification auprès des élèves.
LES Librevillois devraient normalement connaître, en ce début de semaine une certaine embellie dans les conditions liées à leur transport avec la mise en service
vendredi dernier du nouveau parc automobile de la Société gabonaise de transport (Sogatra). Ces cinquante bus, dont le directeur général de l'entreprise, Célestin Ndolia-Nhaud a annoncé jeudi la mise en circulation par une déclaration circonstancielle, viennent en effet satisfaire, certes dans une moindre mesure, le grand déficit constaté dans le secteur des transports en commun au niveau de la capitale gabonaise.
Une ville où il faut transporter, en moyenne, 600 000 personnes par jour et où la demande, en termes de véhicules mis à la disposition des usagers, reste encore largement supérieure à l'offre. C est donc dire qu'avec aujourd'hui une soixantaine d'autocars, dont une dizaine de vieux bus issus d'un précédent arc, la Sogatra est bien loin de combler les attentes des Librevillois, que l'on situe entre 200 et 250 véhicules de même gabarit.
Mais, telle une belle femme, cette entreprise de transport public doit s'astreindre à faire avec le peu dont elle dispose pour desservir un nombre sans cesse croissant d'usagers, dont les élèves, principaux bénéficiaires de ce patrimoine de l'État acquis au prix de lourdes sacrifices, s'illustrent souvent par des actes relevant de la pure barbarie en le détruisant.
Un comportement que le directeur général de la Sogatra s'est fait fort de dénoncer à nouveau accours de sa déclaration de jeudi dernier : "Les nouveaux bus (...)ont coûté cher au contribuable. J'en appelle donc à la conscience citoyenne des uns et des autres, et plus particulièrement à celle de nos chers enfants en les invitant à plus de responsabilité", a dit Célestin Ndolia-Nhaud.
La mise en circulation des nouveaux bus s'accompagne ; de nouvelles prestations que la Sogatra propose à ses utilisateurs. Objectif : offrir à ces c derniers un service de qualité par une régularité de passage des cars aux arrêts prévus à cet effet, un meilleur confort et une plus grande sécurité à l'intérieur des véhicules. La qualité n'ayant pas de prix, la réalisation de cet objectif passe donc non seulement parla révision à la hausse du ticket, mais aussi la suppression de la gratuité du transport scolaire dont bénéficiaient les seuls élèves de la capitale gabonaise.
Passant donc de la parole à l'acte, la Sogatra applique depuis vendredi dernier sa nouvelle tarification en ce qui concerne les réseaux commercial (200 F CFA) et "semi-express" (300 F CFA). Grande innovation de l'entreprise, le réseau "semi-express" est une sorte d'omnibus qui s'adresse à une clientèle "qui veut aller plus vite" et aimant le confort. Avec tout au plus quatre arrêts bien définis, les bus affectés à ce réseau ne circuleront que sur la Voie-Express et le bord de mer.
Quant aux élèves, qui reprennent d'ailleurs ce matin le chemin de l'école après le long week-end de la Toussaint, ils doivent désormais eux aussi mettre la main à la poche pour se rendre à leurs chères études. Coût journaher du ticket: 100 F CFA. Un montant qualifié de "symbolique" par Célestin Ndolia-Nhaud, étant entendu que ce même ticket permet à l'élève d'emprunter le bus pour se rendre à son établissement, et de regagner par la suite son domicile en fin de journée.
De plus, le patron de la Sogatra a tenu à informer les élèves de ce que dans le cadre de la nouvelle politique de tarification initiée par son entreprise, des carnets hebdomadaires à 600 F CFA et des cartes d'abonnement mensuel à 7 500 F CFA seront mis à leur disposition dans les tout prochains jours.