Abandonné sur le trottoir, l'homme, un quinquagénaire, a traîné toute la journée de lundi sur le trottoir, avant de rendre l'âme en fin d'après-midi.
Quel âge avait-il ? La cinquantaine au moins, peut-être beaucoup plus. Hier, dans notre rubrique "Piéton", nous rapportions le cas de deux personnes Âgées et indigentes, abandonnées aux portes de l'hôpital de Nkembo, à la fois par les leurs et par la société.
Ce qu'on redoutait, à juste titre d ailleurs, est finalement arrivé, L'un des deux Indigents, celui qui était incapable de tout effort physique, a finalement rendu l' me le même lundi en fin d'après-midi. Traîné là dans une brouette par deux individus qui, aux dires des témoins, seraient ses parents ou du moins des gens doivent connaître sa famille, l'homme avait été abandonné juste à l'entrée de l'hôpital, trois jours plus tôt.
Visiblement éprouvé par la maladie et par son état physique déplorable, le patriarche abandonné n'a vraisemblablement pas résisté à la faim et à la brise de cette saison sèche. Lundi matin à notre passage, il avait réussi, par un ultime effort, à se rouler jusque sur le trottoir où il a rendu l'âme, dans l'indifférence quasi-générale. A part le regard compatissant de quelques passants, personne n'a daigné, ne fut ce que lui porter le moindre secours. Hier, son corps retrouvé sans vie au petit matin est resté là jusqu'aux environs de midi, où les services compétents sont passés finalement enlever le cadavre.
Ce cas de conscience, car c'en était véritablement un, ne manque cependant pas de susciter des interrogations, Quelle idée peut vraiment pousser des individus à venir abandonner un de leurs parents à l'entrée d'un hôpital ne disposant pas; de surcroît, d'un service spécialisé pour le cas d'espèce: la gériatrie, Comment le personnel, ainsi que les responsables de l'hôpital de Nkembo ont-ils été insensibles à une telle détresse exposée à leur vue ?
Même s'ils peuvent mettre en avant le manque de moyens, comme argument, les responsables du service gériatrique de l'hôpital provincial de Melen ne sont-ils pas les premiers concernés par ce genre de cas ? Autour de cette mort de l'indifférence, on multiplierait des interrogations à l'infini.
Vivement seulement que ce genre de spectacles, tout à la Fois désolant et affligeant, puissent disparaître à jamais de nos rues qui n'en ont absolument pas besoin.