LIBREVILLE, 4 déc (AFP) - 21h33 - Six personnes, dont un enfant de 12 ans et un bébé de 2 mois, sont mortes des suites d'une épidémie "suspecte", aux origines encore inconnues, apparue dans une région du nord-est du Gabon, a indiqué mardi soir à l'AFP le ministère gabonais de la Santé.
Toutes les victimes, décédées entre le 16 novembre et le 2 décembre, étaient originaires d'un village pygmée, situé à environ 80km de Mékambo, une petite localité de la province de l'Ogooué-Ivindo, proche de la frontière du Congo-Brazzaville, a précisé la même source.
En raison des précédentes épidémies dues au virus Ebola qui ont fait plus de 60 morts entre 1994 et 1996, les autorités sanitaires n'excluent pas une nouvelle résurgence de cette fièvre hémorragique très contagieuse et mortelle pour l'Homme.
Les personnes décédées présentaient toutes de "fortes fièvres, accompagnées de vomissements", a indiqué le ministère de la Santé qui a réussi à envoyer mardi une équipe dans le village concerné grâce à l'aide de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Deux autres personnes, présentant les mêmes symptômes, ont quitté leurs domiciles pour se faire soigner dans un autre village, situé de l'autre côté de la frontière, au Congo-Brazzaville, selon le ministère.
L'équipe envoyée sur place, composée de deux spécialistes du ministère de la Santé, d'un médecin de l'OMS et d'un médecin militaire, a effectué divers prélèvements.
"Nous aurons plus d'informations quand l'équipe sera rentrée à Libreville", a précisé le ministère de la Santé.
"On a hâtivement conclu à une infection de type virale, mais cela pourrait être une dysenterie bacillaire, une amibiase ou une intoxication alimentaire ou chimique", a-t-on ajouté de même source.
"L'analyse de l'eau du puits qui sert à l'alimentation du village a révélé la présence de bacilles dangereux pour la santé", a précisé la même source.
Le ministère de la Santé a toutefois recommandé la mise en état d'alerte de toutes les structures sanitaires de cette région et l'interdiction de consommer les primates, connus pour être sensibles comme l'être humain au virus Ebola.
Le décès de plusieurs animaux, notamment six gorilles, six chimpanzés et un singe, sont intervenus avant l'apparition de l'épidémie suspecte, selon les témoignages des villageois rapportés par l'équipe de médecins.
Ces derniers n'ont cependant pas pu vérifier ces informations.
"Les morts de primates, la saison actuelle et les antécédents de cette région font penser à une épidémie de fièvre hémorragique, type Ebola, mais on ne sait rien pour l'instant", avait indiqué de son côté mardi matin le Centre international de recherche médical de Franceville (Gabon), dont une équipe doit se rendre elle-aussi sur place dans les jours à venir.
"Cela pourrait aussi être une épizootie, comme la variole du singe, ou une fièvre jaune", avait ajouté la même source.
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