LIBREVILLE, 18 déc (AFP) - 16h16 - L'épidémie de fièvre hémorragique de type Ebola qui sévit depuis fin novembre au nord-est du Gabon a "franchi la frontière" avec le Congo-Brazzaville voisin où la situation est "sous contrôle", a indiqué mardi à Libreville le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Gabon, Alain Brun.
"La maladie a franchi la frontière mais la situation est sous contrôle", a déclaré M. Brun lors d'une conférence de presse du ministre gabonais de la Santé, Faustin Boukoubi.
"Au tout début de l'épidémie, une mère et son enfant ont pu traverser la frontière Gabon-Congo pour trouver des soins auprès de tradipraticiens. Selon nos informations, l'enfant serait mort et la mère serait actuellement dans un état difficile", a-t-il précisé.
"Des dispositions ont été prises par les ministères congolais de la Santé et de l'Intérieur", en collaboration avec les autorités gabonaises, a souligné le représentant de l'OMS au Gabon.
Le ministre gabonais de la Santé a fait état pour sa part d'un bilan de 12 morts sur un total de 16 cas avérés, dont la mère et l'enfant, qui se sont réfugiés au Congo. Deux malades sont hospitalisés à Mékambo, a-t-il indiqué.
"Le virus ne circule pas dans l'ensemble du territoire gabonais. Mékambo et ses environs sont très loins des centres urbains et les trois villages où est apparue l'épidémie sont totalement circonscrits", a-t-il souligné.
Le porte-parole de l'OMS à Genève, Gregory Hartl, a de son côté fait état mardi d'un bilan de 13 morts et de six cas suspects.
Le ministre gabonais de la Santé a par ailleurs indiqué que les personnes ayant été en contact avec des malades étaient "sous surveillance épidémiologique par des équipes nationales et internationales".
Ces "personnes contact" sont évaluées à "moins d'une centaine", a-t-il précisé, soulignant que cette estimation pouvait évoluer chaque jour à la hausse comme à la baisse compte tenu du délai d'incubation du virus évalué à 21 jours.
Le ministre a ajouté qu'un "cordon de sécurité" était en place dans la région touchée que les villageois sont incités à ne pas quitter. "La situation épidémiologique est sous contrôle international, par conséquent les entrées et sorties dans le territoire gabonais sont libres en dehors de la zone d'épidémie", a-t-il indiqué.
M. Boukoubi a également recommandé à la population gabonaise en général de "ne pas toucher les animaux morts dans la forêt" et de ne pas tuer ceux qui ne fuient pas devant le chasseur et présentent un "comportement anormal".
Il a demandé aux populations des localités touchées d'informer les autorités sanitaires "le plus rapidement possible" au moindre cas suspect, de ne pas toucher les malades et les animaux vivant ou morts à mains nues", en particulier leurs vomissements, selles, sang, sueur et urines, et de ne pas procéder aux toilettes mortuaires des défunts.
Le ministre a enfin annoncé la mise en place d'un comité présidentiel dirigé par le Premier ministre gabonais Jean-François Ntoutoume Emane et d'une coordination technique regroupant plusieurs ministères gabonais et des partenaires extérieurs du Gabon.
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