GENEVE, 10 déc (AFP) - 14h02 - Onze personnes, atteintes de fièvre hémorragique de type Ebola, sont décédées dans le nord-est du Gabon, où "la situation est sous haute surveillance", a indiqué lundi à Genève Gregory Hartl, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"Dix de ces personnes décédées appartiennent à la même famille, au sens de la famille élargie", a précisé le porte-parole. La onzième victime qui avait été en conctact avec les malades, est une infirmière du centre médical de Mekambo, localité de la province d'Ogooué Ivindo, proche de la frontière avec le Congo-Brazzaville.
Le foyer d'infection se situe dans un petit village à quelque 60 km au sud-est de Mekambo. "Il semble que ce soit un lieu très isolé, ce qui pourrait être un élément positif (ndlr: pour éviter la propagation du virus)", a ajouté le porte-parole.
Selon le ministère gabonais de la Santé, les six premières victimes, originaires d'un village pygmée, sont décédées entre le 16 novembre et le 2 décembre.
Les analyses d'échantillons, effectuées au cours du week-end au Centre international de recherche médicale de Franceville (Gabon), ont permis d'identifier la présence d'Ebola, un virus mortel dans 50 à 90% des cas, parmi les plus virulents que l'on connaisse, a souligné l'OMS.
Les symptômes sont une brusque montée de température, accompagnée de faiblesse, de douleurs musculaires de céphalées et de maux de gorge. Surviennent ensuite vomissements, diarrhées, éruption cutanée, insuffisance rhénale et hépatique, ainsi qu'hémorragies internes et externes.
L'agence spécialisée des Nations unies rappelle qu'il n'existe aucun traitement, ni vaccin spécifique pour traiter ce type de fièvre hémorragique, l'incubation du virus étant de 2 à 21 jours.
Il se transmet par contacts directs avec le sang, les sécrétions, les organes ou le sperme de sujets infectés. La transmission par le sperme peut se produire jusqu'à sept semaines après la guérison clinique.
Cinq spécialistes de l'OMS devaient quitter Genève ce lundi pour rejoindre une autre équipe sur place et tenter d'endiguer la propagation d'une épidémie. Parmi eux, figure un clinicien, un épidémiologiste et un spécialiste en laboratoire.
"La première étape est de prendre des mesures d'isolement non seulement des personnes qui présentent des signes de la maladie, mais aussi des personnes suspectées d'avoir eu des contacts avec les personnes infectées. Il faut également s'assurer que le personnel soignant prend des mesures très strictes de protection", a dit Gregory Hartl.
La deuxième étape consiste à informer la communauté locale de ce qu'est le virus et des moyens de prévention. Enfin, dans un troisième temps, l'équipe de spécialistes devra enquêter sur l'origine de cette flambée de fièvre hémorragique.
Par ailleurs, le porte-parole de l'OMS a indiqué que les cas de fièvre hémorragique présumée, signalés en République démocratique du Congo, à Dekese, à 600 km à l'est de Kinshasa, dans le Kasai occidental, n'étaient pas des cas de fièvre Ebola. L'OMS avait également envoyé une équipe sur place la semaine dernière.
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