Libreville (Lunion, 07/09/2001) - Les imprimés qu'avaient appris à reproduire Sylvestre Thierry Ndende Djoky et Mathurin Samen, sujets camerounais, éteint tut sauf des objets de valeur qu'ils proposaient à leurs clients. PARTIS de leur pays il y a à peu près trois ans Sylvestre Thierry Ndende Djoky et Mathurin Samen, de nationalité camerounaise, se sont installés à Libreville avec en tête une idée précise : gagner envers et contre tout leur vie.
Mais comment faire lorsqu'on n'est doté d'aucune qualification ? Il fallait compter avec le réalités de leur nouvel environnement. Ce n'est toujours pas chose aisée. Les deux compères nourrissaient donc l'ambition d'y exercer en toute quiétude avec la malice chevillée au corps. Quoique pierre qui roule n'amasse pas mousse, ils croyaient si facilement qu'en changeant de nom et en prenant des patronymes gabonais, il leur sera plus facile de se faire passer comme tels. Cela peut fonctionner une fois, mais tous les jours... Ainsi, du jour au lendemain, comme une lettre va à la poste Thierry devient Moutsinga et Mathurin Akoumba. Et avec une formation élémentaire en informatique, ils ont fini par acquérir deux ordinateurs, on ne sait trop comment, et réussi avec tous les artifices possibles et imaginables à fabriquer en un tournemain des cachets avec lesquels ils ont commencé à produire des imprimés en les donnant pour des oeuvres de valeur. Rien ou presque n'y a échappé.
Des bulletins de notes scolaires, des attestations de scolarité, des actes de naissance, des permis de conduire gabonais et camerounais, des cartes d'identité, voire des ordonnances médicales seront proposés à des demandeurs dont le nombre allait croissant. Il va sans dire que le prix de la marchandise variait selon la tête du client. Et Dieu sait combien se sont servis chez Thierry et Mathurin, sans compter ceux qui se proposent de passer commande. Le savoir n'est toujours pas preuve de génie. Entre-temps, les deux compères se sont fait embaucher, avec une astuce perfide, chez Global système informatique solutions, en se faisant tout naturellement passer pour ce qu'ils étaient loin d'être: de vrais Gabonais. Une information parvenue à la Direction générale des recherches (DGR) a suffi pour que soient mises à nu les manœuvres de ces deux aigrefins cueillis comme des fruits mûrs par des policiers qui, après perquisition à leurs domiciles de Plaine-Oréty, ont ramené tout leur arsenal. Ils ont été déférés hier auprès du tribunal qui décidera de leur sort.
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