L'ancien ministre et secrétaire exécutif du Parti démocratique gabonais (PDG) après avoir reçu l'hommage solennel du président de la République et du monde politique gabonais, sera inhumé demain à Libreville.
C'EST demain qu'auront lieu les obsèques de Léon Augé, ancien ministre, décédé à Libreville, le 21 novembre dernier. Avant d'être conduit à sa dernière demeure pour le repos éternel, les personnalités politiques gabonaises, la hiérarchie, ses "camarades" du Parti démocratique gabonais (PDG), ses amis et connaissances vont lui rendre ce jour un dernier hommage à son domicile d'Owendo.
Retiré de la vie publique depuis plus d'une décennie, Léon Augé, personnage à plusieurs facettes, aura marqué son temps au regard du parcours, le profil qui aura été le sien durant toute son existence. L'hommage solennel qui lui sera rendu est le vibrant témoignage de la reconnaissance de l'œuvre de ce dignitaire né le 1er novembre 1929 dans la capitale gabonaise, et dont le cheminement estudiantin, professionnel et politique fut particulièrement dense.
Homme politique jusqu'en 1996, car il occupait encore les fonctions de conseiller du président de la République pour les questions politiques après la vague de changements de l'ère démocratique six ans plus tôt, nul n'ignore pour autant que Léon Augé a marqué le Parti démocratique gabonais, l'ex parti unique.
Maître des lieux à la "Maison du Parti" à Akebé-Ville, il était présenté comme l'idéologue, pour avoir apporté, de par sa formation de juriste, une large contribution à l'élaboration des règles juridiques, notamment les différents statuts, du PDG, les différentes Constitutions gabonaises. Et pour avoir occupé plusieurs fonctions gouvernementales et la tête du PDG.
Conseiller spécial du président de la République gabonaise en 1971, il gravira les échelons social et politique en qualité de Haut Commissaire dans la même institution (sept 1972 - janv 1975), Secrétaire d'Etat à la présidence gabonaise, (1975-1976), puis Délégué général permanent du PDG (1983-1986), ministre de l'Orientation nationale dans le gouvernement de la Renaissance, enfin Secrétaire politique exécutif de septembre 1986 â janvier 1990. Une fonction qui le classait à ce titre et à l'époque, au 3e rang de la hiérarchie de l'Etat, tout de suite après le Premier ministre, sous le parti unique, naguère parti Etat.
Il faut dire que par ses fonctions, Léon Augé à la fidélité indéfectible au président Omar Bongo, a été bien évidemment aux premières loges de la marche des institutions de la République aux côtés du président de la République, président-fondateur du PDG. Ses fonctions l'ont donc amené à sillonner les pays du bloc communiste de l'ex Union soviétique et d'Asie, notamment la Chine, la Corée du Nord et les pays africains.
Pendant ces périodes charnières de la vie politique du Gabon, Léon Augé, qui s'engage dans la politique comme de nombreux autres compatriotes étudiants dans la métropole - il fut à l'époque l'un des initiateurs de l'Association générale des étudiants gabonais (AGEG) en 1949, après Union des jeunes du Bloc démocratique gabonais (BDG) du feu président Léon Mba en 1960, de l'Union des femmes gabonaises (1960) ancêtre de l'UFPDG - va s'illustrer de fort belle manière par son sens de l'initiative. L'école des Cadres du parti, désignée par la suite CUSPOD, le Service Civique, et autres structures, figurent au nombre de ses initiatives.
Homme de droit, Léon Augé, fut aussi un des pionniers de la famille judiciaire du Gabon indépendant. Il se distinguera dans ce corps, où sa silhouette était fréquemment visible au Tribunal de grande instance de Libreville, par sa droiture, son sens du devoir et son respect de la légalité. Ce qui lui vaudra tout naturellement d'être apprécié par sa hiérarchie qui va le propulser comme Substitut du procureur de la République (1961-1963). En 1964, au plus fort du coup d'Etat qui avait secoué le pays, il assure la présidence de la Cour de Sûreté de l'Etat. Cela, au moment où il exerce les fonctions de conseiller à la Cour suprême (1963-1968), avant d'en être le président de la Chambre administrative de 1968 à 1972.
Homme de culture chercheur émérite, il a à son actif plusieurs travaux de recherche, des publications et autres écrits scientifiques qui ne manqueront de faire de lui un personnage remarqué pour ses contributions. Au tableau des "best sellers" on note ses contributions assez riches à l'élaboration des règles juridiques de portée générale, la survie, le développement et à la protection de l'environnement des villages africains, et au maintien de la paix de nos pays, le développement de la solidarité et des jeunes, des femmes et adultes et l'épanouissement de l'esprit de partage.
Il ne se limitera pas à ces seuls aspects, puisque ses réflexions porteront également sur les familles africaines, de même que sur le développement de l'économie solidaire, les migrations africaines, la reproduction et la transmission rapides, et à moindre frais, des documents et informations divers, etc. Il fut membre correspondant de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer et membre sociétaire de l'Association des écrivains de langue française.
Au-delà de ce parcours si riche et qui traduit assurément son attachement au président Omar Bongo et à son pays, l'ancien ministre a eu une activité tout aussi remarquée dans le monde des affaires. Il a été administrateur de plusieurs sociétés de la place, et cela dès 1959 notamment de la Société hôtelière de l'Afrique Équatoriale, des institutions ancêtres de la SNI et de la BEAC (Institut d'Emission de l'Afrique Centrale). De 1975 à 1986, il a présidé le Conseil d'administration de la Sonapresse, société éditrice de notre journal, et il a assumé la présidence de l'imprimerie Multipress-Gabon depuis 1975. Fondateur en 1981 du journal d'annonces légales "Hebdo informations", il présidait son conseil d'administration jusqu'à sa disparition.
Et c'est fort justement en reconnaissance pour les actes posés que plusieurs distinctions honorifiques lui seront décernées. Entre autres, il est grand Officier, Commandeur de l'Étoile Équatoriale, Commandeur de la Légion d'honneur, Commandeur dans l'Ordre des Palmes Académiques, Grand Cordon du Ouissam Alaouite, etc.