Une opération coup de poing sera lancée, dès la semaine prochaine, annonce le directeur de la communication de la mairie de Libreville, Alain-Claude Bilié-bi-Nzé.
"LA grande pétaudière". Tel est le titre d'un de nos précédents articles qui dénonçait l'affichage sauvage observé depuis quelque temps dans la capitale gabonaise. En effet, un certain nombre d'opérateurs économiques et représentants d'églises, soucieux de promouvoir leurs activités, n'hésitent pas à ériger illégalement des panneaux publicitaires ou à placarder des affiches sur le domaine public. Ce, en dehors de toute norme esthétique, et contribuant de ce fait à enlaidir la ville.
Plusieurs fois interpellés par la presse sur cette question, les responsables de la mairie de Libreville viennent enfin de rompre le silence. Mieux, elles entendent, dès la semaine prochaine, aller en guerre contre tous ceux qui se livrent à de telles pratiques. C'est du moins ce qui ressort du point-presse animé mardi à l'Hotel deVille par le directeur de la communication, Alain-Claude Bilié bi-Nzé.
Sur un ton sec, il a annoncé que tout panneau publicitaire ou directionnel, toute affiche, toute banderole illégalement posée, seront enlevés sans autre forme de procès, les contrevenants s'exposant à des poursuites judiciaires, sans préjudice des mesures conservatoires que prendra l'autorité municipale.
Alain-Claude Bilié-bi-Nzé a, en outre, saisi cette occasion pour indiquer les efforts consentis par les autorités municipales, en vue d'organiser ce secteur. Il a, de ce fait, déclaré qu'avant 1999, l'affichage dans la ville de Libreville ne respectait aucune norme. "Chacun implantait son panneau, accrochait sa banderole ou collait son affiche .où il voulait, quand il voulait, comme il voulait et aussi le temps qu'il le souhaitait (...) .
Une situation d'anarchie qui, selon lui, avait non seulement pour conséquence d'enlaidir la ville, mais aussi de poser des problèmes de sécurité, certains panneaux débordant sur la voie publique. L'autre conséquence était l'énorme manque à gagner au niveau du budget de la commune. "Trop de trafics et de magouilles dans ce secteur nous empêchaient d'y voir clair", a t-il dit ajoutant que la publicité ne rapportait qu'à peine 5 millions de FCFA par an. D'où l'idée de réorganiser ce service qui, érigé aujourd'hui en département rapporte jusqu'à 100 millions FCFA. Et même au-delà, en fonction de l'activité économique.
Selon le porte-parole de l'Hôtel de Ville, la réorganisation effectuée s'est opérée à deux niveaux. Il s'est a, d'une part, d'encourager la création des régies publicitaires en fixant les normes aussi bien techniques qu'esthétiques en ce qui concerne les panneaux 4x3, les sucettes ou les bandeaux.
À ce jour, seules deux des quatre régies créées (Médiaffiche, Pulicom, African Tri Vision et Corne, Pub) sont fonctionnelles: Médiaffiche et Publicom. Une convention vient toutefois d'être signée avec une cinquième régie, ÉBENA, qui démarrera l'implantation de ses panneaux dans les tout prochains jours.
Il s'est agi, d'autre part, de réactualiser la législation en matière de taxes sur la publicité. Sur ce plan, une délibération n°47/98/CM-ML fixant les modalités de la publicité à Libreville a été prise. Elle détermine le coût de la taxe en ce qui concerne la publicité fixe, mobile, sonore, événementielle ou permanente.
Cette délibération s'applique également aux enseignes, pré-enseignes et à tout objet à caractère publicitaire ayant pour lieu d'expression le domaine public. Quelques exceptions cependant: la publicité d'intérêt général (campagne contre le Sida, le trafic et le travail des enfants, etc.), celle relative aux collectivités, ainsi qu'au mobilier urbain.