Le Premier ministre, M.Ntoutoume Emane a annoncé hier le déblocage par l’Etat de cette enveloppe en aide aux parents atterrés. Avant de leur transmettre ‘’l’expression renouvelée des condoléances les plus attristées du président de la République et de son gouvernement.’’
AVANT l'hommage solennel de ce matin dans l'enceinte du stade omnisports président Bongo, que le gouvernement doit rendre aux dix sept morts du terrible accident de la route, survenu au village Massika, à 27 km de la capitale provinciale du Moyen-Ogooué, dimanche 24 août, sur le dangereux tronçon Fougamou - Lambaréné, le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane a reçu, hier matin, les familles des disparus.
Dans la salle de réunion à son cabinet du " 2 Décembre", le chef du gouvernement a presque anticipé sur la cérémonie prévue dans la matinée. Jean-François Ntoutoume Emane cachait mal son émotion en s'adressant à ses hôtes profondément meurtris par l'horrible catastrophe de dimanche dernier qui a coûté la vie à plusieurs de leurs parents:
‘’Nous avons tenu à vous recevoir ce matin pour vous transmettre l'expression renouvelée des condoléances les lus attristées du président le la République et de son gouvernement". Puis il a poursuivi en expliquant que ‘’ la tragédie qui vous frappe est vécue par tout le pays comme un drame national".
Le Premier ministre a beaucoup insisté sur l'ampleur de cet accident en soulignant qu'il n'est point exagéré de le qualifier de "drame national’’ . Précisant sa pensée, il a développé en notant: " Nous sommes un peuple pas très nombreux (...) lorsque 17 compatriotes qui étaient l'espoir de leurs familles respectives sont arrachés à leur affection alors qu'elles étaient bien portantes, il s'agit à nos yeux d'un drame national". Enfin, sur ce chapitre; il a donc assuré les familles présentes que le gouvernement se tient à leurs côtés, voire l'ensemble de la nation.
Conformément aux instructions laissées par le chef de l'Etat,. M. Omar Bongo, avant son départ pour Malaga (Espagne), où il effectue un séjour privé qui était prévu de longue date, le chef du gouvernement s'est montré concret en évoquant ce soutien attendu de l'Etat pour assister les familles des victimes. Celles-ci appartiennent presque toutes au monde rural, où les effets cruels de la crise économique et financière actuelle que traverse le pays rendent le coût de la vie insupportable pour le petit peuple.
Du coup Jean-François Ntoutoume Emane a fait savoir que l'Etat s'est engagé à débloquer une enveloppe de 100 millions de FCA en guise d'assistance aux familles des victimes. A l'évidence, il s'agit d'un geste fort de solidarité des plus hautes autorités de l'Etat qui est bien accueilli dans l’ opinion.
Plusieurs membres du gouvernement ont assisté à cette rencontre, entre autres Ali Bongo (Défense nationale), Jean Eyéghé Ndong (ministre délégué auprès du ministre d'Etat, ministre de l’Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation), André Mba Obame ( ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale).
SOLUTION • De même, étant avéré que 11 de ces victimes étaient originaires du département de Tsamba Magotsi, notamment de la ville de Fougamou, d'où est parti le mini-bus transportant Ies passagers tués au cours de cette catastrophe, les personnalités les plus représentatives du gotha politique du département de Tsamba Magotsi, ont été conviées à cette réunion.
Naturellement, elles étaient conduites par le président du Conseil économique et social (CES). Me Louis-Gaston Mayila et l’ancien ministre de l’Economie et des Finances; le député PDG Marcel Doupamby Matoka. Aux côtés du Premier ministre, ces personnalités ont participé à une mini-réunion dans le bureau du chef du gouvernement destinée à s’accorder sur la répartition juste de cette somme d'argent.
Le ministre de la Solidarité nationale, en première ligne dans ce dossier, a été chargé de procéder au partage de ces fonds en toute transparence. Avant toute chose, André Mba 0bame a tenu faire savoir qu'il ne s'agit en rien d'une indemnisation aux familles des victimes, ce d'autant que "le gouvernement n'est pas responsable" de la mort de ces concitoyens. En d'autres termes, il assume simplement son devoir de solidarité nationale qui doit justifier la création de son département ministériel que les populations souhaitent plus efficace.
Cela dit, chaque famille, via son représentant, a reçu 2,5 millions de FCFA de ses mains. Toutefois, exceptionnellement, 10 millions ont été octroyés à la famille de l'ancien journaliste, Joseph Mboundou Mboundou qui a trouvé la mort avec cinq de ses enfants, laissant une veuve et un seul enfant. Dans ce montant, les plus hautes autorités de l'Etat ont décidé de remettre 3 millions aux parents du défunt, et de réserver 7 millions à la veuve.
En réalité, c'est le chef de l'Etat en personne qui s'est soucié du sort de la veuve et de l’orphelin, en faveur desquels le président Bongo a toujours pris position pour leur épargner les souffrances douloureuses que leur font vivre les belles-familles accrochées aux coutumes d'un autre âge. Grâce à cet argent, une villa doit être trouvée à cette veuve dans des délais raisonnables, mission a été donnée dans ce sens aux responsables politiques de Fougamou, qui sont entrés en possession des fonds.
Affaires sociales et de la Solidarité nationale a décline l'utilisation arrêtée pour cette enveloppe, en indiquant dam les détails que le restant de ces fonds sera utilisé en prenant en compte la location des avions, les transferts de dépouilles vers Libreville leur internement à la polyclinique El Rapha, leur traitement à CASEPGA, leur mise en bière, les veillées mortuaires et tout ce qu'elle comportent, et leur transfert ultime à Libreville et Lambaréné.
Le clou de cette journée enfin, a été la visite effectuée par le Premier ministre et quelques membres du cabinet Ntoutoume Emane II aux 4 rescapés de cette catastrophe qui ont été admis à El Rapha. Selon le ministre de la Solidarité, André Mba Obame, deux d'entre eux sont encore en "réanimation sérieuse", les autres ont subi des traitements pour traumatismes qualifiés également de "sérieux ‘’.
Par ailleurs, le moins qu’on puisse dire est que cette tragédie de Massika est venu rappeler les multiples défis auxquels est confronté le gouvernement, dans sa politique du développement du secteur routier. Celui-ci fait face, sans cesse, à l'augmentation inquiétante des accidents de la circulation. Pour les populations, ce qu'il faut ce sont les solutions durables à ce problème crucial sur ce tronçon dont on dit pourtant qu'il aurait coûté un nombre respectable de milliards pour son bitumage.