Une messe de requiem célébrée par l’archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé, en mémoire des 17 personnes tuées dimanche dernier dans un effroyable accident de la route, s’est déroulée hier, en présence du Premier ministre, M.Ntoutoume Emane.
TUEES dans l'effroyable accident de la route, dimanche 24 août, à 27 km de la capitale provinciale du Moyen-Ogooué, sur le périlleux tronçon Fougamou-Lambaréné, les dix sept victimes ayant depuis lors été acheminées sur Libreville à l'initiative du gouvernement, ont eu droit à un émouvant hommage national dans l'enceinte du stade omnisports président Bongo où l'émotion était à son comble.
Il s'est agi d'une cérémonie grandiose à la gloire de ces victimes, organisée hier jeudi 28 août, en début d'après-midi, à la demande des plus hautes autorités de l'Etat. Plusieurs centaines de personnes, des proches et amis des compatriotes décédés, y ont assisté. Accourues des différents quartiers de la capitale, elles ont pris place dans les gradins du gymnase de ce stade qui porte le nom du chef de l'Etat, pour se recueillir au milieu des dix sept cercueils exposés sur l'aire de jeu.
Larmoyantes, on les a vues plongées dans une douleur inconsolable donnant lieu à de véritables scènes d'hystérie, avec les cris stridents de femmes et d'hommes en pleurs, se jetant à terre à l’entrée de chaque cercueil. Le même spectacle affligeant de compatriotes bouleversés et incapables de se retenir était vécu aux alentours par nos reporters. A l'évidence, en cette circonstance tragique; les deux tribunes bondées ont vu leur capacité d'accueil nettement dépassée par la forte mobilisation suscitée par ce brutal accident de la circulation ayant coûté la vie à ces concitoyens, parmi lesquels des femmes et des enfants.
Cette cérémonie a permis d'apprécier l'élan de solidarité partagée à la hauteur de ce drame terrifiant vécu à l'unisson comme "un drame national" selon l'expression utilisée avant-hier par le Premier ministre, Jean François Ntoutoume Emane, en adressant aux familles des victimes " l'expression renouvelée des condoléances les plus attristées du président de la République et du gouvernement’’
S'agissant du gouvernement, celui-ci était aux premières loges pendant cette cérémonie mémorable. Conduit par son chef, qui était accompagné de son épousé Mme Sophie Ntoutoume, on a vu ses membres présents visiblement atterrés, et s’employant à soutenir les parents des victimes. Entre autres parents meurtris, le président du Conseil économique et social, Me Louis Gaston Mayila, qui a perdu son frère cadet, et dont plusieurs victimes sont des proches.
Ainsi, qu'ils agisse des vice-Premiers ministres, Emmanuel Ondo Méthogo (Aménagement du Territoire) ou Antoine De Padoue Mboumbou Miyakou (ministre de la ville de la Ville), voire Ali Bongo, le ministre de la Défense nationale, chacun s’est efforcé de trouver les mots justes pour le réconforter, et au-delà consoler les autres. Dans ce rôle de soutien à ces familles, le reste des membres du cabinet Ntoutoume Emane Il s'est impliqué sans compter. C'est le cas, en particulier, du ministre de fa Solidarité nationale, des Affaires sociales et du Bien Etre, André Mba Obame, dont le département ministériel a été fortement sollicité par cette affaire.
LOURDS INVESTISSEMENTS On l'a ainsi vu se saisir avec efficacité de ce dossier, grâce à l'appui de ses collègues à la tête d’autres départements ministériels. A l'arrivée, le gouvernement dans son ensemble a su afficher son unité et redonner du contenu au concept de "solidarité nationale" que ces temps de crise risquaient de rendre totalement vide. Résultat, un geste fort et concret d’assistance aux familles de ces victimes a été fait :
100 millions de FCFA ont été débloqués à la demande personnelle du président de la république pour permettre de soulager ces familles confrontées aux effets de la crise économique et financière actuelle. A côté du gouvernement, plusieurs administrations dont faisaient partie les victimes en tant qu'agents de l'Etat ont tour à tour déposé des gerbes de fleurs sur certains cercueils.
L'autre temps fort de cette journée d'hommage national aux dix sept victimes de la tragédie de Massika, aura été l’imposante messe de requiem pour le repos de leurs âmes, présidée par l'archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé Engone:
Dans son homélie, ce qui frappe c'est d'emblée le fait qu'il ait noté à son tour que la tragédie de Massika est à considérer comme "un drame de la nation".
‘’Seigneur nous pleurons nos frères et sœurs (…) Nous pleurons pour ces frères et sœurs, et la brutalité de leur mort nous donne encore plus de peine" a déclaré l'archevêque invitant l'assistance à s'unir dans la foi pour le repos des âmes de ces victimes. ‘’Seigneur ne regardez pas ce qu'ils ont fait de mal au cours de leurs vies, regardez le bien. Qu'ils apprennent maintenant à vivre avec toi pour des siècles et des siècles" a conclu Mgr Mvé Engone.
L'archevêque de la capitale ne s'est pas arrêté là, il a insisté pour bien montrer qu'il a bien pris la mesure de cette tragédie insupportable aux yeux des concitoyens rassemblés au stade président Bongo, il a sonné l'hallali : " La mort de nos frères et sœurs nous semble une injustice", a-t-il souligné avant de faire savoir que c’est dans la prière que cette iniquité doit être réparée. Les populations ont accueilli ce message avec optimisme avant de se séparer.
Non pas pour longtemps, d'autant que durant la nuit dans ce même lieu, elles se retrouvées entre elles, pour l’ultime veillées mortuaire avant le transfert des dépouilles vers leurs dernières demeures à Lambaréné et Fougamou dans la matinée. Entre les mérites reconnus à ces martyrs et les regrets interminables causés par leur perte soudaine, il y a ceci d'important qu'expriment leurs pleurs: la population éprouve le besoin d'une politique réformiste et plus ambitieuse de la route.
Autrement dit, elle n'ignore pas les lourds investissements qu'exigent la construction et la maintenance routières, étant donné les conditions économiques difficiles qui prévalent dans le pays. Il n'empêche que, à I'unisson, on convient que ce terrible accident de Massika redonne plus d'acuité et d'ampleur au problème du financement de ce projet routier. Enfin, une interrogation est encore sur toutes les lèvres: Le gouvernement va-t-il donner à moyen terme la priorité à la construction de ce tronçon de plus en plus mortel ?