Les forces de l'ordre gabonaises ont dispersé jeudi matin une manifestation d'anciens salariés d'une entreprise forestière de Port-Gentil (sud), qui avaient érigé des barricades dans le centre-ville depuis mardi, ont rapporté des témoins joints par l'AFP depuis Libreville.Les protestataires ont notamment bloqué pendant trois jours l'accès au consulat de France de la capitale économique gabonaise, dont les trois employés présents ont été évacués mercredi et qui est resté fermé jeudi.
Les forces de l'ordre ont dispersé jeudi matin, avec gaz lacrymogènes et matraques, une nouvelle manifestation d'anciens salariés de la Compagnie forestière du Gabon (CFG), une entreprise publique de plus de 1.000 employés reprise en novembre 2001 par le groupe italien Cora.
Le calme était revenu jeudi après-midi dans la cité pétrolière gabonaise, où les forces de l'ordre, police, armée et gendarmerie, étaient déployées dans le centre-ville, a confirmé la mairie d'opposition de Port-Gentil, contactée au téléphone par l'AFP.
La circulation avait été rétablie mais la plupart des commerces restaient toutefois fermés, à la veille de quatre journées déclarées fériées pour les célébrations du 43ème anniversaire de l'indépendance de ce pays pétrolier d'Afrique centrale.
Une soixantaine d'anciens salariés de la CFG ont protesté depuis mardi matin dans le centre de Port-Gentil pour réclamer le paiement de 13 mois de salaires et un accès à la sécurité sociale.
Pendant trois jours, ils ont coupé des arbres devant le consultat de France et le Gouvernorat pour s'en servir de barricades.
Ville ouvrière d'opposition à la réputation volontiers frondeuse, Port-Gentil a été le théâtre de violentes émeutes en 1990, lors du retour au multipartisme au Gabon. L'armée française était intervenue pour protéger les installations pétrolières.
Cette cité de 80.000 habitants subit aujourd'hui les effets de la crise économique et sociale que traverse le Gabon, liée en partie au déclin de sa production pétrolière.