(La Lettre du Continent, n°323 du 18/02/99) C'est l'alerte rouge au FMI et au Trésor français (qui a rédigé à ce sujet une note carabinée) sur la situation financière du Gabon. Elle est beaucoup plus alarmante que ce qui avait été annoncé… Le trou est au moins de 300 milliards F CFA et personne ne voit comment le combler. S'il veut payer les salaires de ses fonctionnaires, Omar Bongo ne pourra plus en tout cas rembourser ses dettes auprès des bailleurs de fonds. Le président gabonais est arrivé à Paris samedi 13 février en "petit équipage", avec le ministre des Affaires étrangères Jean Ping et le ministre des finances Emile Doumba, le puissant ancien directeur de la BICIG (BNP). Egalement ancien président de la Confédération patronale gabonaise (CPG) et du Club des dirigeants des banques francophones, Emile Doumba va devoir faire la preuve qu'il est un magicien…
Hormis les fidèles amis de toujours, le président gabonais ne va pas trouver à Paris des interlocuteurs faciles. La banqueroute de la trésorerie gabonaise serait en effet moins le fait de la chute des prix du pétrole et du dollar (d'autant que le Gabon a vécu en 1998 sur les rentrées pétrolières de la bonne année 1997) que de dépenses déraisonnables depuis des mois (notamment en achats d'avions), sans même parler du clientélisme de la campagne présidentielle. Le Ramadan financier va être sévère, à moins que le président ne dispose de fonds et de tirelires cachés…
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