JEUDI dernier, le Syndicat des agents des Affaires étrangères (SAAE) a animé une conférence de presse au cours de laquelle son bureau exécutif a annoncé le dépôt d'un préavis de grève de huit jours auprès des responsables administratifs de ce ministère.
Cette décision, ont justifié les syndicalistes, est la conséquence de la rupture complète du dialogue. et de la négociation, huit mois après la réunion du 7 juillet 2004, consacrée à la discussion du cahier de charges déposé auprès du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Les préoccupations qui y étaient consignées portaient essentiellement sur le versement de certaines primes et l'amélioration des conditions de vie et de travail.
Le ministère des Affaires étrangères, par la voix de son secrétaire général, Marc Adolphe Doumi Mandatsi, appuyé par l'inspecteur général Jean-Bernard Ngoye Maloumbi, et le directeur central du personnel, Sosthène Ngokila, rejette en bloc les accusations portées contre son administration.
Pour eux, ce sont, plutôt les syndicalistes qui ont pris l'initiative de «rompre les négociations» en déposant le préavis de grève. La réunion du 7 juillet 2004 entre l'administration et le SAAE, sanctionnée par un procès-verbal, ayant été suivie par d'autres rencontres auxquelles étaient associés les responsables du syndicat.
La dernière en date, à laquelle participait le président du SAAE, André Assou Ella, ont-ils précisé, est celle du 3 mars 2005 entré les responsables des ministères des Finances et des Affaires étrangères. Ces différentes rencontres consistaient à discuter des principales préoccupations des agents qui sont de trois ordres: financier, Juridique et administratif.
Des préoccupations, selon M. Doumi Mandatsi, connues d'ailleurs des autorités, pour avoir, déjà. été posées lors des premières journées de réflexion du ministère des Affaires étrangères et durant la 8e conférence des ambassadeurs en août 2004.
Sur le plan financier, il s'agit de l'octroi des Fonds de souveraineté et des primes d'astreinte aux agents du ministère des Affaires étrangères. Mais le versement de ces primes bute sur l'absence d'un support juridique et de sources dé financement fiables à même de garantir leur pérennité. Il y a aussi l'indemnité de servitudes diplomatiques prévue dans l'article 33 de la loi 12/96 du 28 février 2000.
ABROGATION • À ce sujet, les responsables des Affaires étrangères affirment qu'ils sont en négociation avec le ministère des Financés, en vue de son application. La réunion du 3 mars dernier portait d'ailleurs, entre autres, sur la question.
S'agissant des problèmes juridiques, ceux-ci portent sur la délivrance des passeports diplomatiques aux secrétaires de chancellerie, et l'annulation de l'arrêté n° 0095/MEFBP fixant le taux forfaitaire de prise en charge par l'Etat du transport des bagages hors du territoire national. Sur le premier point, s'il est reconnu que le décret 349/PR/MAECF du 10 mai 2000 fixant le régime de délivrance, de prorogation et de renouvellement des passeports diplomatiques et de service a omis certaines fonctions dont quelques-unes nouvellement créées, comme bénéficiaires de ce document de voyage, les services juridiques du ministère sont actuellement à pied d'oeuvre en vue de la révision de ce texte.
Quant à l'arrêté n° 00095/MEFBP dont le SAAE réclame l'annulation, celui-ci a été abrogé le 24 janvier 2005 et le syndicat informé. «Nous sommes surpris de voir les syndicalistes revenir sur cette question. C'est de la mauvaise foi», s'indignent les responsables.
Les questions administratives portent, elles, sur la gestion des carrières, l'amélioration des conditions dé travail et la précarité de la situation des agents de la main d'oeuvre non permanente. Sur ces différents points, le secrétaire général indique que des efforts sont entrepris pour atténuer ces difficultés, avec notamment des dotations, de temps à autre, de fournitures de bureau, l'extension du ministère avec la construction d'un nouveau bâtiment pour renforcer les capacités d'accueil, l'amélioration des conditions de transport (réparation du bus, actuellement fonctionnel et la négociation en cours pour l'acquisition de deux à trois cars supplémentaires) ainsi que l'intégration de plusieurs agents de la main-d'oeuvre non permanente à la Fonction publique. Malheureusement; sans parchemin conséquent, la majorité de ces agents se retrouve avec des faibles revenus.
Autant d'avancé selon le secrétaire général, que les syndicalistes ont pourtant reconnues lors de la réunion de décembre 2004, en présence du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, Jean Ping. C'est d'ailleurs au cours de cette rencontre que les deux parties (administration et syndicat) avaient convenu d'un délai de six mois pour faire le point sur toutes lés préoccupations émises.
Malheureusement, avant cette échéance, les syndicalistes accusent l'administration de n'avoir pas tenu ses engagements: Alors que cette dernière affirme que deux commissions (administrative et financière) ont été mises sur pied. La dernière a pour mission, entre autres, de demander une réunion du comité de rémunération, afin de voir dans quelle mesure intégrer les fonctions omises au sein du ministère des Affaires étrangères.
«Nous travaillons de manière discrète mais efficace. Nous n'avons pas rompu le dialogue et la négociation, armes par excellence de la diplomatie. Nous devions nous retrouver au mois de juin. Nous attendons cette date pour faire le point. L'administration n'a pas refusé de négocier, d'étudier dossiers et de les avancer avec le ministère des Finances. Que peut faire le ministère des Affaires étrangères si les Finances ne répondent pas à ses doléances?» se sont interrogés ses responsables. Qui ont pris acte du préavis de grève qui expire, selon eux, le 21 mars prochain.