Il aurait remplacé les grévistes par une main-d'oeuvre étrangère, alors que l'autorité lui demande l'ouverture de négociations.
A l'issue d'une réunion tenue le 15 mars dernier à son cabinet, à laquelle toutes les parties du conflit social à la Société des cigarettes gabonaises (Sociga) prenaient part, le ministre du Travail et de l'emploi a demandé au directeur général d'ouvrir des négociations avec les employés en grève. Mais le chef d entreprise ne semble pas vouloir exécuter la recommandation de Jean-Boniface Assélé. Il aurait engagé une main-d'oeuvre étrangère à la place des grévistes.
L'ouverture de négociations à laquelle le membre du gouvernement appelle annule les, licenciements prononcés par la direction de la Sociga. Le ministre du Travail le mentionne dans la correspondance qu'il a adressée au chef d'entreprise hier : «Les licenciements prononcés sont nuls et de nul effet.»
Tout compte fait, 17 agents de la Sociga se retrouvent à la porte. Au départ, les grévistes étaient au nombre de 28.
11 collègues se sont désolidarisés, sans doute de peut d'être licenciés. En effet, le patron de l'entreprise avait menacé de licencier tout agent qui refuserait de signer l'engagement de travailler sous l'engagement ordres du directeur technique. Celui-là même contre qui les agents en grève accumulent beaucoup de griefs, dont l'arrogance.
En réalité, les 11 personnes ont signé de nouveaux contrats avec la Sociga. Ce qui signifie qu'elles ont été licenciées. Ces agents perdent donc leur ancienneté. Ont-ils perçu leurs droits légaux ?
Comme il l'a fait pendant la réunion, le ministre du Travail reconnaît, dans la correspondance citée ci-dessus, le bien-fondé des revendications des employés de la Sociga. Outre des sanctions à . endroit du directeur technique, ceux-ci demandent une augmentation de leurs revenus et la prise en charge des frais médicaux de leurs familles.
Il semble que les agents d'origine étrangère qui viennent d'intégrer l'usine de fabrication de cigarettes soient des compatriotes du directeur technique. Les grévistes disent comprendre alors pourquoi celui-ci «se moque toujours des diplômes délivrés par l'État gabonais».
Mais ils se demandent jusqu'à quand le directeur général de la Sociga continuera de faire fi du code du travail gabonais. «Surtout quand celui-ci lui est rappelé par une autorité de la République», a lâché un jeune travailleur.
La Confédération syndicale gabonaise (Cosyga), a laquelle les grévistes sont affiliés, se pose la même question. Pour prouver sa détermination à voir le conflit social se régler conformément à la loi, le ministre du Travail a fait par venir à cette centrale syndicale une copie de la correspondance adressée au directeur général de l'usine de cigarettes.
Cela ressemble au premier test de Jean-Boniface Assélé en matière de règlement de conflits sociaux. Le monde du travail observe certainement attentivement son ministre, en poste depuis septembre dernier.