Hier, un séminaire dans ce sens s'est ouvert à l'hôtel Atlantique à l'initiative du ministère en charge de la Refondation. La cérémonie d'ouverture était présidée par le chef du gouvernement Jean-François Ntoutoume Emane. Ces .assises qui dureront trois jours voient la participation des secrétaires généraux d'administration, les directeurs généraux et les conseillers.
UN séminaire sur la refondation s'est ouvert hier à l'hôtel Atlantique à l'initiative du ministère compétent. La cérémonie d'ouverture était présidée par le Premier ministre chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane. Ces assises qui s'adressent essentiellement aux secrétaires généraux d'administration, aux directeurs généraux et aux conseillers, portent sur quatre thèmes.
Sous la direction du secrétaire général de la résidence de la République, M. Mamadou Diop, désigné président des travaux les participants plancheront sur les sujets suivants: "l'organigramme, la description des postes de travail et la gestion efficiente des ressources humaines", "la rationalisation des procédures et des pratiqués administratives", "la structure du système d'enseignement supérieur technologique, un schéma directeur pour l'organisation", et "le contrôle des services financés et des biens durables de l'État sur la base de la comptabilité matière".
Dans son discours de circonstance, le Premier ministre a rappelé que l'invitation faite par le chef de l'État à l'ensemble dés forces vives de la nation à prendre une part active au projet de la Refondation visait et vise toujours à les amener à entreprendre, une réflexion globale et consensuelle sur notre société et son devenir 40 ans après l'indépendance de notre pays et à l'aube du nouveau millénaire. Selon Jean-François Ntoutoume Emane, un tel exercice ne peut être productif et stimulant que si chaque intervenant sur cette problématique a toute liberté de parole pour exprimer ses points de vue, tout en se nourrissant des expériences des autres.
Le chef dû gouvernement a également dit aux participants qu'il est attendu d'eux des analyses pertinentes, objectives et libres de toute autocensure. «Ce séminaire, a sou-. ligné M. Ntoutoume Emane, devrait vous permettre, j'en suis persuadé, non seulement de dresser un diagnostic sans complaisance des maux et des handicaps qui entravent et perturbent encore la marche de notre administration, mais aussi d'imaginer des solutions qui tout en prenant appui sur les aspects positifs existants, seraient à même de donner à notre administration une nouvelle dynamique conforme aux standards actuels reconnus et admis dans- ce secteur.»
CHALLENGE. Le locataire du 2-Décembre a déclaré que la Refondation qui est une mystique de l'action et de l'effort, interpelle chacun de nous, dans la mesure où nous en sommes, en même temps, acteurs et sujets. Ce qui selon lui, induit que dans sa matérialisation, la Refondation ne peut faire l'économie de la mise en place d'une éthique car l'enjeu principal, sinon unique, pour lequel elle doit exister est de remplacer un système de valeurs, reposant sur des mythes et un formalisme rigide, par des références différentes fondées sur fa demande des citoyens à l'égard de l'État et sur les réalités humaines de l'administration.
Tout en encourageant les efforts et les actions «développés avec intelligence» depuis des mois, par le ministre d'État Pierre-Claver Maganga Moussavou, le chef du gouvernement a dit que ce séminaire ne manquera pas de répondre aux espoirs mis en lui.
Pour sa part, le ministre d'État, chargé des Missions et de la Refondation, a dit que la Refondation ne doit pas fonctionner comme un slogan creux et sans substance. Selon Pierre-Claver Maganga Moussavou, parler de refondation, c'est parler d'éthique. «Une éthique individuelle, une éthique de groupe et une éthique de pouvoir», a précisé l'orateur. Et de poursuivre : «La gestion de l'éthique doit d'abord être un leitmotiv de ceux qui gouvernent, ils doivent avoir de cette notion une pratique quotidienne et ne pas se sentir au-dessus de la loi ou du droit, donnant ainsi l'impression au citoyen qu'il y a une justice à deux vitesses. Ce qui au demeurant décrédibilise l'appareil judiciaire et rend inefficiente toute forme de légalité.»
Revenant sur les quatre thèmes sur lesquels portent ces assises, le ministre d'État a souligné que ceux-ci constituent, si l'on en juge par le nombre et la qualité des participants, un véritable challenge. S'adressant aux participants, il a rappelé qu'être Secrétaire général suppose la transcendance, la maîtrise de son administration. «C'est donc à dessein, a-t-il dit, que vous êtes ici réunis en formant le voeu que les thèmes qui vous rassemblent aujourd'hui et qui vont contribuer à l'intensification de vos échanges servent de cadre à l'écriture d'un grand livre que l'on pourrait intituler "Le Livre Blanc de la Refondation de notre administration".»