« Le paiement des salaires est le seul lien qui nous rattache
aux encore aux hôpitaux »
Le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale estime que les problèmes qui se posent actuellement dans les unités sanitaires de la CNSS ne sont plus de sa compétence, mais plutôt de celle de leur nouveau gestionnaire.
Depuis quelques mois déjà, les hôpitaux de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont sous la tutelle d'une structure dénommée Fondation des hôpitaux de la sécurité sociale (FHSS). Existe-t-il encore un lien entre ces unités sanitaires et votre structure ?
Antoine Yalanzele : le seul lien qui nous unit encore c'est paiement des salaires. Parce que la mise en place de la Fondation des hôpitaux n'a pas été accompagnée par des mesures financières permettant d'assurer l'autonomie de fonctionnement de ces structures sanitaires. Il nous a donc été demandé de continuer à assurer le paiement des salaires jusqu'à ce que la Fondation bénéficie d'un fonds propre. En effet, nous n'avons aucun contrôle, ni de la gestion du personnel, ni physique. La preuve depuis que l'ai prismes fonctions, je n'ai lamais mis les pieds dans les hôpitaux parce que cette charge incombe désormais à mon collègue (Sylvestre Oyouomi directeur général de FM, Ndlr). A partir de là, je ne vois pas pourquoi je dois me mêler des choses qui ne me regardent pas.
II n'empêche que la semaine dernière, vous avez reçu les membres du Syndicat national de la Caisse nationale de sécurité sociale (Syna CNSS) dont une partie est en grève...
- Mon intervention était motivée par le fait que depuis le début de cette affaire, il y a beaucoup de délations, de calomnies et de mensonges. Parce que ce groupe d'individus est allé dans les hôpitaux raconter que le directeur général de la CNSS avait décidé de supprimer les salaires. Vous savez bien ce que représente le salaire pour tout agent. Suite à cette information qui a créé un désordre dans les hôpitaux, je m'étais vu dans l'obligation de convoquer le personnel non gréviste à une réunion pour lui donner l'information réelle, en le rassurant qu'il n'était nullement question de supprimer son salaire. Depuis que je suis arrivé à la tête de la CNSS, nous payons les salaires sans chercher a savoir qui travaille ou qui ne travaille pas. Je dois continuer à le faire jusqu'à ce qu'il y ait éclatement total.
Le personnel est venu également m'informer qu'il y a une dame qui serait morte au cours de la grève dans un ministère, je ne sais pas exactement lequel (Delphine Athomo-Ndong, née Atsame Menye, ex-agent à la pharmacie de la Fondation Jeanne Ebori, Ndlr). Avec le grand soleil de ces jours, elle a eu une poussée de tension et elle est tombée. Le personnel m'a expliqué tout cela, mais je lui ai dit que cela ne relève plus de ma compétence, mais plutôt de celle de M. Oyouomi. Nous n'assurons plus que le paiement des salaires, en fonction des appels de fonds que les directeurs des hôpitaux m'envoient chaque fin de mois. Donc, on ne peut pas dire que je suis responsable de quoi que ce soit. C'est vrai que la situation n'est pas claire, mais dès lors qu'il y a une direction générale qui est là, à quoi servirait-elle si moi je m’occupais de ses activités?
Le projet d'autonomisation des hôpitaux de la CNSS inquiète, à juste titre, les agents. Nombre d'entre eux redoutent des licenciements massifs et manifestent d'ores et déjà leur désir d'intégrer les services de votre entité. Comment entendez-vous gérer cette situation ?
-Tout cela devrait faire l'objet d'un plan social, comme nous l'a demandé le Fonds monétaire international. Quand il est passé dans les hôpitaux, le ministre des Affaires sociales a dit qu'il ne sera pas question de licencier un seul Gabonais qui travaille dans les hôpitaux. Donc, je m'en tiens à cela. C'est la position du gouvernement qui a été énoncée par le ministre Mba Obame. Il n'a pas donné une autre position. Je ne vois pas pourquoi les gens seraient inquiets. S'ils le sont, c'est parce qu'il y a trop de délation. Comme cette affaire de suppression de salaires qui n'est pas du tout fondée. Ce sont plutôt des arguments qu'une certaine frange d'individus utilise pour mobiliser les gens à leur cause. Une solution sera trouvée quand on aura déterminé le groupe devant rester dans les hôpitaux. Ensuite, il y aura certainement un redéploiement. Nous faisons des efforts pour réfectionner les centres médicaux sociaux en prélude à toutes ces décisions. Aujourd'hui, les CMS ne fonctionnent pas. Ils sont dans un délabrement total. Nous avons, déjà réfectionné quatre sur neuf. Nous allons continuer à le faire. Nous n'irons pas recruter des agents ailleurs. Ce sont justement nos infirmiers et médecin, qui n'auront pas eu de place dans les hôpitaux que nous déverserons dans ces structures.