Face au retard constaté, le collectif des locataires d'Owendo demande à la Société nationale immobilière (SNI) de procéder rapidement au transfert des propriétés. Mais la société interpellée répond qu'il faut une levée préalable de l'hypothèque »..
LE président du collectif des locataires de Nomba-domaine, Alfred Yeyet, est monté au créneau, une énième fois, samedi dernier, pour fustiger ce qui présente comme l'immobilisme de la Société nationale immobilière (SNI) et des pouvoirs publics sur la question de la cession des logements aux locataires d'Owendo.
Pour Alfred Yeyet, il n'est pas facile d'accepter le fait que «depuis l'arrêt de la quittance, certains locataires ayant totalisé vingt-cinq ans et plus ne sont pas toujours en possession de leurs titres de propriété, et ceux totalisant moins de vingt-cinq ans n'ont pas encore reçu les documents leur conférant le passage de location simple en location vente».
«Nous sommes toujours dans l'attente d'une suite relative à l'application des recommandations du président la République, chef de l'État, qui datent de 1998 et qui, jusqu'à ce jour, ne sont pas suivies d'effet», a notamment déclaré le président du collectif d'Owendo.
Sur ce point, le chargé de missions de la société immobilière, Séverin Epalapaye a précisé que le retard observé proviendrait d'une «hypothèque contractée pour la construction de Nomba-Domaine (qui) n'était pas encore levée». Ce qui ne permettrait pas, pour l'heure, de délivrer des titres de propriétés et autres documents aux ayants droit qui devront patienter jusqu'en 2008. si l'Etat ne donne pas, avant, les moyens pour un remboursement anticipé, a-t-il expliqué. Il «ne s'agit donc pas d'une mauvaise volonté de la SNI, plutôt d'un respect des obligations contractées, dont l'hypothèque qui interdit toute cession aux locataires pour l'instant», a t-il poursuivi.
Des propos qui, néanmoins, masquaient, mal un désappointement. Surtout que «le collectif a été associé aux différentes démarches entreprises pour régler au plus vite ce problème. Il est donc au courant de la réalité du terrain», a-t-il poursuivi.
Le président du collectif s'est aussi insurgé contre l'expulsion jugée musclée d'un locataire qui «s'est vu, une fois de plus, humilié par la direction générale de la SNI qui a recommandé à la force publique de faire sortir les effets ce dernier.(...) Fort de ce constat, nous exhortons la direction générale de la SNI à trouver les voies et moyens, afin que ce genre de situation ne se reproduise plus», a-t-il recommandé.
Mais pour Séverin Epalapaye, c'est une mauvaise lecture de l'événement, car «la société se trouvait face à un locataire ne versant pas ses loyers et sourd à ses démarches, ne percevant pas la délicatesse de la situation pour les deux parties». «Cette expulsion survient simplement après l'épuisement des recours légaux et des tentatives infructueuses d'entente», a affirmé le chargé de missions de la SNI.