Les agents de l'hypermarché n'ont pas repris le travail hier malgré l'appel lancé dans ce sens par la direction générale.
LES choses ne sont as passées comme voulues par la direction générale de Mbolo. Le personnel de l'hypermarché a poursuivi le mouvement enclenché depuis avant-hier. Les grévistes n'ont pas repris le travail hier après-midi, en dépit de l'appel lancé par les responsables du magasin. Les clients de celui-ci, désireux de faire leurs coursés ont trouvé grilles et rideaux de fer fermés. Même le service minimum voulu par la hiérarchie de Mbolo n'a pas été assuré.
Les 328 agents de l'hypermarché revendiquent une augmentation de salaire. Après les négociations qui ont tourné court avant- hier, personnel et responsables de Mbolo ont renoué les fils du dialogue hier matin pour essayer de trouver une plateforme commune. «La direction générale reste ouverte à toute discussion. Nous avons déjà demandé au personnel de reprendre le travail et nous allons poursuivre les négociations. Celles-ci sont en bonne voie. et les résultats sont probants», a indiqué le directeur administratif et logistique de Mbolo, Louis Ompounga.
Pourtant, les grévistes disent avoir été trop patients. Ils soutiennent que les responsables de l'entreprise ont longtemps pratiqué la politique de l'autruche face à leurs revendications. Celles-ci tournent essentiellement autour de l'augmentation des salaires toutes catégories confondues, la révision à la hausse de la prime de transport, ainsi que l'augmentation de la caisse de soutien qui a un budget de trente millions de francs. Dans l'absolu, les revendications des agents de Mbolo sont légitimes. Avec le train de vie de plus en plus élevé qui caractérise la capitale, nombreux sont ceux. qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts.
Ils ne demandent donc qu'un peu de réalisme aux responsables de l'hypermarché. Celui-ci produit annuellement un chiffre d'affaires de plus de 25 milliards de F. La recette journalière dépasse parfois le pic des 80 millions de francs. Ce qui conforte les grévistes dans leur position. « Le magasin fait d'énormes bénéfices. L'augmentation de salaire que nous réclamons est possible: C est une question de volonté. Il y a plusieurs années que nos salaires n'ont pas été revus à la hausse. Or, pendant ce temps, nous faisons rentrer beaucoup d'argent chaque jour à la société», a souligné un agent de maîtrise premier niveau.
L'inspection du travail de l'Estuaire qui a été associée aux négociations estime pourtant que la grille salariale de Mbolo tient compte de la législation en vigueur. De ce fait, elle souhaite aussi que les agents de l'hypermarché reprennent du service pour ne pas se mettre en porte à faux avec les dispositions réglementaires. En fait, l'administration souhaite que les grévistes assument ne serait-ce que le service minimum prévu par les textes en vigueur. Une approche partagée par les délégués du personnel. «Nous essayons de convaincre le personnel pour reprendre le travail. Ce n'est pas une chose facile mais le bon sens doit prévaloir. On ne peut pas négocier le couteau sur la gorge. On devrait d'abord reprendre le travail et ensuite continuer les négociations. La loi est claire là dessus. Et si les négociations n'aboutissent à rien, alors on a le droit de reprendre le mouvement de grève», a déclaré Jean Wombo, un délégué du personnel.