Les employés du secteur pétrolier gabonais ont entamé lundi matin dans tout le pays une grève générale et illimitée afin d'obtenir du gouvernement l'application d'une série de mesures d'allègement fiscal en leur faveur, a-t-on appris auprès de leur syndicat.
Après une ultime rencontre vendredi avec le gouvernement, l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a décidé d'appeler ses 2.000 adhérents à arrêter le travail à compter de lundi 00h00 "jusqu'à satisfaction totale et intégrale" de ses revendications, notamment en matière de suppression du taux de TVA majoré à 25% sur certains produits et d'exonérations d'impôts.
"Nous avons signé fin septembre un accord avec le gouvernement qui prévoyait l'entrée en vigueur de ces mesures", a expliqué à l'AFP le secrétaire général de l'Onem Claude Sosthène Nziengui Nzaou. "Mais les textes officiels d'application n'ont toujours pas été publiés. Nous avons été floués, donc nous entrons en grève", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué publié lundi dans le quotidien gouvernemental L'Union, le gouvernement gabonais a rappelé les "avancées significatives" consenties aux employés du secteur pétrolier et dénoncé la "radicalisation" de l'Onep. "Le gouvernement (...) ne peut et ne saurait accepter que la population soit prise en otage", ajoute le texte.
Aucune évaluation de la participation au mouvement n'était disponible lundi matin. De nombreuses stations service de Libreville se trouvaient en rupture de stock, les automobilistes les ayant pris d'assaut pendant le week-end pour faire le plein, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le président gabonais Omar Bongo Ondimba devait recevoir lundi en fin de matinée une délégation des grévistes, a-t-on appris de source syndicale.