Réunis en séminaire depuis hier, les responsables du ministère de l'Economie et des Finances évaluent, sous la houlette des trois experts français, les plans d'actions préparés pour le redéploiement de la stratégie.
LE gouvernement est en quête de transition fiscale. Les responsables du ministère de l' Economie et des Finances sont, en effet, réunis depuis hier, à la faveur d'un séminaire sur la mobilisation des recettes de l'Etat, lequel s'est ouvert à l'hôtel RéNdama de Libreville. Cette rencontre, consécutive à celle organisée en octobre 2003, a pour objectifs d'évaluer les plans d'actions préparés pour le redéploiement de la stratégie, de sensibiliser les acteurs aux difficultés du changement et aux outils managériaux de conduite de celui-ci. Les travaux - qui se poursuivront jusqu'à mercredi prochain - sont dirigés par trois experts du ministère français de experts des Finances et de l'Industrie.
Il s'agit d'André Barilari, inspecteur général des finances, ancien directeur général des impôts et président du Comité interministériel d'audit des programmes, Marcel Steendlandt, receveur régional des douanes, consultant Banque mondiale dans le cadre de l'harmonisation du système douanier dans la CEMAC, et Philippe Rambal, inspecteur des finances, chargé de mission et des questions de modernisation auprès du directeur général de la comptabilité publique. Ce séminaire s'articule autour de deux types de modules, à savoir ceux de discussion des feuilles de route et d'identification des difficultés de mise en œuvre, ainsi que de sensibilisation à la maîtrise du changement.
De fait, lors des assises de l'année dernière, les experts du ministère de l'Économie et des Finances avaient validé le diagnostic du fonctionnement des services fiscaux. Ils avaient, en outre, encagé une réflexion approfondie sur les mesures susceptibles d'améliorer le rendement des recettes résultant du secteur hors pétrole. Les plans d'actions élaborés à cette occasion se sont mués en projets restructurant dont la responsabilité a été confiée à la direction générale de ce département ministériel. Pour assurer l'exécution effective de ces projets, des contrats d'objectifs ont été conclus. De même, le document de stratégie a été récemment soumis à la signature du Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, afin d'engager la responsabilité de l'ensemble du gouvernement.
COUP D'ACCÉLÉRATEUR• A l'évidence, celui-ci soutient la démarche en cours. « Il s'agit là d'actions indispensables au déploiement de la stratégie nationale de mobilisation des recettes. Mais ces avancées notables ne sauraient suffire à impulser la transition fiscale au terme de laquelle les recettes fiscales doivent prendre le relais des recettes pétrolières. En effet, le niveau et l'évolution de ces dernières dépendent essentiellement du niveau de nos réserves, appelées à s'épuiser et des fluctuations des cours du brut et du dollar américain sur les marchés internationaux », a relevé, à l'ouverture des travaux, le ministre délégué aux Finances, Jean Eyégué Ndong. Au demeurant, l'État ne veut plus fonder sa politique économique et sociale sur des revenus dont l'instabilité constitue la principale caractéristique.
De ce fait, les assises ouvertes hier constituent un coup d'accélérateur devant permettre aux experts du ministère dé l'Économie et des Finances d'affiner, d'une part, et de valider, d'autre part, les feuilles de route* des projets structurants et de conduire à la maîtrise du changement nécessité par les innovations apportées à notre système fiscalo-douanier. De toute évidence, la stratégie nationale de mobilisation des recettes de l'Etat s'inscrit dans ce droit fil. « Ce processus qui va se déployer dans les prochaines semaines vise à simplifier,les obligations fiscales et douanières des opérateurs économiques en vue d'assainir l'environnement des affaires », devait conclure le ministre Jean Eyeghé Ndong.