LE personnel de la SNBG (Société nationale des bois du Gabon) a animé avant-hier soir à l'hôtel consulaire de Libreville un point de presse au cours duquel il a réaffirmé que la SNBG joue un rôle important au Gabon et lancé un appel de solidarité au chef de l'Etat qui déclarait en 1986 que "tant que je serai au pouvoir, la SNBG ne disparaîtra pas et la forêt gabonaise ne sera jamais bradée".
«En défendant nos emplois, nous défendons aussi l'intérêt de tous les Gabonais, petits ou grands», a martelé Urbain Ntoutoume Eyené, le secrétaire général du Syndicat des salariés de la SNBG.
Le Conseil de cabinet du 9 décembre 2004 relatif au repositionnement de la Société nationale des bois du Gabon avait pris un certain nombre de mesures, notamment l'arrêt du monopole de la commercialisation de l'okoumé et de l'ozigo, et l'inscription au budget 2005 de l'Etat, de la liquidation des droits de certains agents.
Face à ces décisions, le personnel de la SNBG réaffirme que cette entreprise parapublique mérite mieux en raison du rôle important qu'elle joue dans notre pays, tant sur le plan économique et social qu'au plan financier.
Les agents en colère se disent très surpris de constater que les mesures prises par les autorités arrivent alors que le mouvement de grève observé par le personnel de la société en novembre 2004 avait abouti à la mise en place des commissions de travail qui se sont penchées sur la restructuration de la SNBG.
«Au moment où les conclusions des travaux de ces commissions devraient être examinées par notre direction générale sous la médiation du ministère du Travail et de la CGSL (Confédération gabonaise des syndicats libres), le personnel de la SNBG est surpris par le communiqué final du conseil de cabinet du 9 décembre 2004 relatif au repositionnement de la SNBG» regrette M. Ntoutoume Eyené.
Sur le plan économique et social, grâce à la SNBG, «le Gabon maîtrise une de ses richesses qui est la seule à laquelle tous les Gabonais pauvres ou riches, des villes ou des villages ont un accès direct soit par des coupes familiales ou par des permis temporaires d'exploitation», a expliqué Urbain Ntoutoume Eyené en vantant les mérites de la SNBG, une entreprise décidément citoyenne qui créé des emplois dans le secteur de la forêt et maintient localement les populations de manière à éviter «exode rural sauvage» vers les grandes villes.
La Société nationale des bois du Gabon permet aussi de réguler l'exploitation forestière dans notre pays.
Sur le plan financier, l'entreprise permet à l'Etat de récupérer les droits et taxes générés par la vente du bois et la réinjection des fruits de ces ventes dans le circuit bancaire national. «Ce qui ne sera pas le cas si la forêt est libéralisée et le monopole retiré à la SNBG» a précisé le secrétaire général du Syndicat des salariés de la SNBG.
Dans la foulée, l'orateur a rappelé qu'en 1986, lors de la marche de soutien faite par les agents de la SNBG en son honneur et toujours conscients des problèmes aigus des Gabonais, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, avait déclaré:"tant que je serai au pouvoir, la SNBG ne disparaîtra pas et la forêt gabonaise ne sera jamais bradée".
«C'est pour cela qu'en défendant nos emplois, nous défendons aussi l'intérêt de tous les Gabonais, petits ou grands», a insisté le personnel.
Celui-ci a également rappelé qu'en son temps, il avait participé activement au redressement de la SNBG avec l'aide de certaines personnes et que cela pourra se faire avec l'aide du gouvernement et grâce à la volonté du président de la République dans le cadre du Pacte national de solidarité et de la lutte contre la pauvreté.
«La forêt gabonaise est symbolisée par le vert de notre drapeau et la question que nous nous posons aujourd'hui est celle de savoir ce que deviendra notre drapeau sans ce vert ?» s'est demandé Urbain Ntoutoume Eyené, le secrétaire général du Syndicat des salariés de la SNBG, affilié à la CGSL.