La jeune structure a pour mission de recenser les questions les plus importantes débattues au sein du CNC, de les affiner, les mettre sous forme d'un mémento et les transmettre à l'autorité monétaire chargée de les répercuter au niveau du gouvernement sous forme de recommandations..
LE Conseil national du crédit (CNC) qui s'est réuni hier à la direction nationale de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale) a décidé de créer en son sein un sous-comité restreint doté de ressources à la mesure de ses ambitions.
Ce sous-comité est chargé de recenser les questions les plus importantes débattues au sein du CNC, de les affiner, de les mettre sous forme d'un mémento et de les transmettre au ministre des Finances à charge pour lui de les répercuter au niveau du gouvernement sous forme de recommandations du Conseil national du crédit.
La création de ce sous-comité arrive donc à point nommé pour donner plus d'efficacité et d'efficience au CNC.
«Il y a problème car, jusqu'ici, le CNC travaillait, prenait des décisions ou émettait des recommandations qui restaient lettre morte. Seules les décisions à caractère individuel ou général concernant les agréments délivrés aux établissements de crédits ou aux dirigeants des établissements de crédits étaient consignées et rendues publiques. Mais les décisions concrètes concernant le fonctionnement même de l'économie ou des entités économiques restaient lettre morte. Conscients de cela, nous avons donc pensé qu'il fallait changer avec cette façon de faire, qu'il fallait plus d'efficacité au CNC en créant en son sein un sous-comité», a expliqué à la presse le gouverneur de la BEAC, Jean-Félix Mamalépot, à la fin de la réunion.
ECHO• «Maintenant, les conclusions, les recommandations du CNC ne resteront plus lettre morte comme c'était le cas jusqu'ici puisque le sous-comité transmettra les conclusions des travaux au ministre des Finances qui les transmettra aux instances au-dessus de lui pour donner l'écho qui convient aux délibérations du CNC», s'est réjoui M. Mamalépot.
Le Conseil national du crédit est un organe d'Etat présidé par le ministre des Finances, assisté des présidents de la chambre de commerce et du Conseil économique et social (CES).
Constitué de représentants des banques primaires et de la BEAC, le CNC a pour mission d'examiner et de suivre le fonctionnement des banques, la distribution du crédit à l'intérieur de l'économie nationale, et de voir si le système financier dans son ensemble (banques primaires et établissements financiers) respecte bien les normes et les conditions de banque définies par le CNC.
Son secrétariat est assuré par la direction nationale de la BEAC. Le gouverneur de la BEAÇ et le secrétaire général de la Cobac prennent part aux travaux.
Selon le gouverneur, les banques gabonaises se portent bien, en dépit de quelques insuffisances, notamment en ce qui concerne le crédit intérieur, le crédit à l'économie (crédits distribués par les banques aux agents économiques) qui fléchit un peu en raison du manque d'emplois bancables et de la conjoncture économique d'ensemble.
On remarque aussi une recrudescence des crédits en souffrance qui a tendance à augmenter. Et là, l'attention des banques a été attirée sur la nécessite de provisionner ces crédits en souffrance pour que la situation ne se dégrade pas.
EMBELLIE. «Globalement, la situation d'ensemble des banques gabonaises est bonne ; les banques se portent bien mais elles ont besoin, en tant que banques, de rester vigilantes, de sélectionner les emplois et de prendre des risques en rapport avec les ressources qu'elles collectent et pas de risques inconsidérés»,a expliqué le gouverneur, qui a ajouté que «la situation monétaire d'ensemble du Gabon est bonne, il n'y a pas hémorragie dans la sortie des capitaux».
Jean-Félix Mamalépot a, une fois de plus, condamné les crédits informels, c'est-à-dire les crédits faits par des personnes non habilitées par l'autorité monétaire.
«Seules les banques et les établissements financiers sont autorisées à accorder des crédits aux entreprises, aux sociétés et aux particuliers. En conséquence, quiconque, personne physique ou morale, non agréé par le ministre des Finances ou le CNC pour faire le crédit, ne doit pas le faire. Je vais instruire la Commission bancaire (Cobac) de veiller à cela. Lorsque ces personnes vous abordent, dénoncez-les auprès des autorités compétentes, ce sont des mauvais crédits, c'est de l'escroquerie pure et simple. Nous nous sommes appesantis ce matin sur les conditions des banques. Le taux directeur de la BEAC a été corrigé à la baisse depuis le 20 janvier 2005, il est de 5,75% et non plus de 6%, auquel les banques ajoutent leur marge (taux de base bancaire). Quoiqu'il en soit, les conditions des banques ne sont pas aussi onéreuses qu'on le croit, elles tiennent compte de beaucoup de paramètres. Mefiez-vous de ceux-là qui vous abordent au quartier pour vous proposer du crédit, ne l'acceptez pas, c'est une façon de vous escroquer, tôt ou tard vous allez le regretter».