Ce thème développé dernièrement par Nicaise Moulombi, président de l'ONG "Croissance saine environnement", était axé notamment sur le cadre juridique et politique de l'action publique, de la nouvelle donne et des perspectives.
C'EST parce qu'il s'est résolument engagé dans la préservation de l'avenir, avec son ONG "Croissance saine environnement", que Nicaise Moulombi voudrait qu'ensemble nous nous impliquions effectivement et de manière collective dans l'amélioration de notre bien-être, dans le cadre du développement durable. Voilà pourquoi, il s'active à multiplier, autant que faire se peut, les initiatives au niveau tant national qu'international.
La conférence-débat qu'il a animée dernièrement à la salle de l'immeuble Arambo du ministère de l'Économie et des Finances participe des actions qu'il ne cesse de mener dans ce domaine.
Le conférencier a développé le thème "Gouvernance des écosystèmes forestiers par adjudication : Enjeux pour un développement durable au Gabon," levant un parterre composé e hautes personnalités du pays, de représentants .des missions consulaires et diplomatiques, des organismes internationaux, des administrations publiques et des dirigeants du privé et de la société civile.
Cinq points ont constitué la charpente de l'exposé, au cours duquel le Pr Anaclé Bissiélo a joué le rôle de modérateur. Nicaise Moulombi s'est appesanti sur l'historique du régime forestier, le cadre juridique et politique de l'action publique, l'adjudication une nouvelle donne, les nouveaux enjeux ainsi que les perspectives d'une bonne gouvernante des écosystèmes forestiers.
D'emblée, il a dressé la situation de l'exploitation forestière au Gabon depuis 1900 jusqu'à nos jours en précisant les grandes périodes-clé. Au tout début, a dit le conférencier, il n'existait aucune réglementation en la matière. C est en 1924 qu'un arrêté est venu définir les types de permis. Entre 1938 et 1960, il y a eu attribution d'un droit de coupe en adjudication publique pour une durée de 5 a 20 ans et de 1966 à 1982, la législation distingue 8 types de permis, avec notamment des lots superficiels réservés aux Gabonais et attribués par adjudication ainsi que des permis accordés de gré à gré.
C'est en 1982 qu'on promulguera une loi accordant les permis temporaires d'exploitation, les coupes familiales, etc. Puis en 2001 un code forestier entre en vigueur en terre gabonaise. Nicaise Moulombi, à la suite de cette énumération, a rappelé les conventions, traités et accords internationaux signés par le Gabon ainsi que les nombreuses initiatives forestières et environnementales en faveur d'une gestion durable des ressources naturelles du Bassin du Congo.
DIVERS ENJEUX • Avant de poser un diagnostic en relevant les disparités institutionnelles et les insuffisances juridiques, source d'opacité de gestion et d'exploitation anarchique des ressources du secteur, tout en montrant les diverses stratégies et exercices de planification mis en oeuvre parle gouvernement, sans oublier les organes consultatifs et techniques, à l'instar du Conseil national des parcs nationaux, le conférencier a noté les efforts du gouvernement pour entreprendre les réformes idoines, en vue de booster les secteurs forêts, pêche et environnement en citant pour étayer ses propos le mémorandum de politique économique et financière avec le FMI et la lettre de politique sectorielle.
Présentant les contours ainsi que les divers enjeux pour les nationaux, les privés. et les institutions de Bretton Wood concernant l'adjudication, il a, dans cet élan de démonstration, dressé les conséquences de ce concept sous l'angle de la gestion durable (dégradation des écosystèmes, difficulté dans la réalisation des projets d'aménagement forestier et accélération de la déforestation).
Il a fait allusion à l'appropriation des terres par des drivés du fait de la spéculation foncière; concentration et monopolisation de la forêt, réduction du nombre d'opérateurs économiques et du nombre d'emplois.
Tandis que sur le plan du patrimoine national, l'orateur a appuyé son argumentaire en faisant référence au démantèlement de la SNBG (Société nationale des bois du Gabon), à l'exode rural, à la marginalisation des opérateurs nationaux, aux menaces sur le patrimoine des communautés, aux risques accrus de conflits.
De ces enjeux et ses conséquences y relatives, il a fait une analyse d'une part des risques encourus par les acteurs du développement économique et social et proposé d'autre part les perspectives d'une bonne gouvernance des écosystèmes forestiers par adjudication. Il n'a pas manqué de louer les efforts entrepris, notamment par le président du Conseil économique et social, dans le souci de voir émerger une société civile forte.
Cette initiative a été encouragée par nombre de participants, avec des interventions pertinentes dans le débat qui s'est engagé, comme celle de Hilaire Adiahénot, qui a loué la matérialisation du projet du chef de l'État sur la création de 13 parcs nationaux, véritable modèle de réduction de la pauvreté et de bonne gouvernance écologique: Faisant remarquer que la première bille du Gabon a été exportée en 1838 et que le bilan est plus que négatif dans ce secteur.
Quant à l'expert de la Banque mondiale, Mohamed Belchechi, il a indiqué que la Malaisie constitue un symbole en matière de gouvernante forestière, On peut en prendre l'exemple sur ce pays.