La direction générale affirme cependant que les choses rentrent progressivement dans l'ordre, le Boeing 767 qui assure les vols sur l'Europe (70% des recettes de la compagnie) sera sur pied dans 72 heures, tandis qu'un autre Boeing, cloué au sol à Libreville, prendra, lui aussi, très bientôt son envol.
DEPUIS quelques semaines, la compagnie nationale Air Gabon vit des moments difficiles en raison d'une série de difficultés techniques qui clouent au sol l'essentiel de sa flotte.
La flotte d'Air Gabon comporte cinq appareils : un Boeing 767-200, deux Boeing 737-300, un Boeing 737-200 et un Antonov 12.
Le Boeing 767-200, qui assure les vols long courrier depuis que le Boeing 747-200 (il se trouve depuis le 12 novembre dernier chez Air France Industrie, son nouveau propriétaire) a, été retiré de la circulation pour cause de vieillesse, est immobilisé au sol à Paris pour cause de panne, tandis que deux autres Boeing sont, eux aussi, cloués au sol à Libreville toujours à cause de pannes.
La direction générale affirme cependant que la société retrouvera très bientôt ses ailes pour assurer ses missions qui consistent à transporter les passagers et les marchandises sur des lignes domestiques et internationales.
«Le long courrier sera prêt dans 72 heures et reprendra ses vols sur Paris mardi prochain, tandis que le moyen courrier est en tram d'être réparé dans nos ateliers. Nous faisons face d une succession de difficultés techniques qui ne doit cependant pas faire désespérer parce que d un côté, nous avons hérité d'une énorme dette qui pénalise le fonctionnement de la société et de l'autre côté, nous essayons de calmer le jeu en décaissant de l'argent pour diminuer cette importante dette et c'est sur cette voie cive nous devons continuer», explique le directeur général, Jêrome Ngoua Bekalé, qui regrette que cette série noire s'abatte sur sa société au moment. où le pavillon national commençait déjà à rétablir la confiance avec son personnel, ses fournisseurs et ses clients.
La desserte sur l'Europe assure 70% des recettes d'Air Gabon, un « fleuron de notre nation, source de fierté naguère par sa fiabilité, sa crédibilité, son sérieux et sa qualité de service, et qui n'est aujourd'hui qu'une pâle copie de l'original ».
La non exploitation de cette ligne exacerbe donc la situation financière de la compagnie qui traîne une lourde dette qui, après rapprochement des écritures comptables, est finalement de 26 403 595 529 francs et non 28 milliards de francs comme annoncés auparavant.
Sur cette somme, la nouvelle direction générale a déjà remboursé 6 5I7 853 056 F.
En outre le personnel touche son salaire dans les délais, ce qui n'était plus le cas depuis 1999.
En prenant ses fonctions, début juillet dernier, Jérôme Ngoua Bekalé s'était engagé à optimiser les recettes et maîtriser les charges car, Air Gabon est un symbole de la souveraineté nationale dont l'échec aurait un impact considérable.
Cette politique ambitieuse de redressement drastique susceptible de permettre à Air Gabon de renouer avec les bénéfices commençait déjà à porter des fruits.
En effet, selon nos sources, la nouvelle direction générale a déjà engagé pour 13 734 000 000 F de dépenses vis-à-vis des fournisseurs.
Sur ce montant, 121 871 000 000 F sont effectivement décaissés et une échéance de 1 062 000 000 F est en cours.
«Aujourd'hui, Air Gabon règle rubis sur l'ongle ses dettes. Si cette société n'avait pas remboursé à ses fournisseurs 6 517 853 056 F CFA de dettes, cet argent aurait pu lui permettre de reconstituer sa trésorerie» expliquent les milieux généralement bien informés.
Créée en 1977, Air Gabon est une société dont le capital est entièrement détenu par l'Etat. Ses principales destinations sont: Paris, Rome, Marseille, l'Afrique centrale (Brazzaville, Pointe-Noire, Luanda, Kinshasa, Douala), la côte ouest-africaine (Lagos, Abidjan, Bamako, Dakar), et Johannesbourg.
Un "avis d'appel à manifestation d'intérêt pour la privatisation partielle de la compagnie nationale Air Gabon" a été rendu public, il y a quelques mois.
Selon une source proche du dossier, deux investisseurs se sont déjà positionnés.
Le gouvernement souhaite que l'adjudicataire soit un investisseur stratégique doté d'une capacité technique et financière nécessaire. Ce qui permettra au "Perroquet vert" d'améliorer son efficacité et bénéficier de nouvelles opportunités de croissance sur les plans technologique, financier et commercial.