Après l'adoption par les députés du texte gouvernemental, les souhaits financiers exprimés par les membres du gouvernement qui se succèdent devant la Commission des finances du Sénat; placent ces élus dans une posture difficile.
LES sénateurs gabonais qui examine depuis plusieurs jours le projet de loi de finances 2005 adopté lundi 22 novembre dernier par l'Assemblée nationale, vont devoir répondre à une double exigence avant d'approuver le budget de l'Etat.
Ces élus doivent effectivement adopter au terme des auditions des membres du gouvernement un texte qui ne soit pas totalement différent de celui des députés. Mais qui tienne réellement compte des éléments budgétaires relatifs a la poursuite de l'assainissement des finances publiques, à l'accélération des reformes, au soutien de la croissance, mais aussi à la réduction de la pauvreté retenus par l'Exécutif.
Il s'agit donc pour les sénateurs de répondre à une double exigence. Celle sous-tendue par la procédure législative d'adoption par les deux chambres du Parlement d'un texte identique, et celle de soutien au gouvernement formé de ministres du même camp politique. Concernant la procédure en vigueur lors de l'adoption d'un texte, celle-ci n'a pas toujours été suivie à la lettre au regard du grand nombre de commissions mixtes paritaires convoquées afin que les députés et sénateurs harmonisent leurs vues sur un texte voté en des termes non identiques.
Au sujet du projet de loi de finances soumis chaque année à l'examen des élus nationaux, un sénateur interrogé hier à la cité de la Démocratie, a révélé, sous couvert d'anonymat, que les commissions mixtes paritaires ont été assez rares. Ce d'autant que, a-t-il ajouté, que députés et sénateurs issus majoritairement du Parti démocratique gabonais ou encore de la galaxie présidentielle depuis les deux dernières législatures, s'emploient à éviter la cacophonie autour de ce texte important pour le fonctionnement des institutions républicaines et la vie de la nation. « C'est une question de discipline du parti.» a-t-il affirmé.
PRIORITES• C'est entre autres, pourquoi, soutient-il, l'examen du projet de budget 2005 au Sénat, ne devrait en tout cas pas déroger. à cette règle cette année encore. Car, malgré les critiques et autres questions posées par les membres de la Commission présidée par Moussounda Mickala, sur l'utilisation des crédits ou encore l'efficacité de la dépense, les priorités et autres besoins financiers formulés par les ministres qui se sont succédé puis plusieurs jours, à la cité de la Démocratie, les sénateurs devraient s'employer à aider autant que faire se peut le gouvernement, dont les ministres sont issus de la même famille politique qu'eux. Ce, en ayant à. l'es,prit la volonté de ce pan dé l'Exécutif de sortir le pays de la crise économique et financière qu'il traverse et de réduire les inégalités, lutter contre la précarité.
De ce point de vue, il n'est donc pas exclu qu'ils restent dans la même logique que les députés qui ont adopté un projet de budget conforme à l'ambition gouvernementale. Cette perspective a été, déclinée au regard des premières réactions enregistrées au terme des auditions des différents ministres du cabinet Ntoutoume Emane III. Emanant des sénateurs qui se sont régulièrement montrés très critiques vis-à-vis des membres du gouvernement, celles-ci laissent présager, indique notre interlocuteur, des transferts et des affectations de crédits en vue de parvenir à un équilibre dans les priorités, mais aussi et surtout à l'efficacité du contrôle.
De même, ils projettent du côté de la cité de la Démocratie, d'accorder eux aussi, une importance particulière aux départements ministériels des .Affaires sociales, la Famille, l'Agriculture, l'Education nationale, l'Enseignement supérieur, l'Habitat, lesquels sont retenus par le chef de l'Etat comme priorités de l'année 2005. Ce qui fait que comme leurs collègues députés., les sénateurs devraient pouvoir leur consacrer une bonne part du budget d'investissement. Cette quote part, ne devrait nullement empêcher la poursuite des actions spécifiques, à l'exemple des travaux initiés en vue de la célébration de la fête de l'Indépendance dans le Woleu-Ntem et l'Ogooué-Maritime inscrits dans le cadre du programme d'aménagement du territoire.