Après avoir signé avec Total Gabon un contrat d'exploration de gaz en matinée, le ministre des Mines s'est tourné, dans l'après-midi, vers la société sud-africaine Rockover à laquelle il a donné l'accord d'étudier les conditions d'exploitabilité d'un champ de pétrole.
ON aurait pu dire "au four et au moulin". Mais pour l'activité menée parle ministre des Mines, de l'Énergie, du Pétrole et des Ressources hydrauliques, on est tenté de préciser "au puits et au champ".
Après avoir signé avec Total Gabon, avant-hier en matinée, un contrat d'exploration et de partage de production (CEPP) portant sur un gisement de gaz naturel (lire notre édition d'hier), Richard-Auguste Onouviet a reçu, le même jour, mais cette fois dans l'après-midi, M. Stephen Auret, directeur général de la société pétrolière sud-africaine Rockover. Avec ce dernier, il s'est agi de signer un accord d'évaluation technique (AET) sur un bloc dénommé Mbindji.
Par cet AET, l'État offre des facilités à Rockover pour lui permettre, pendant une période pouvant aller de quelques jours à deux ans, d'utiliser les données géologiques et sismiques disponibles sur ce champ de Mbindji, afin de déterminer si le potentiel pétrolier existant correspond autant aux possibilités technologiques qu'aux ambitions économiques de la société. Si, au terme de l'examen des documents techniques, la société arrive à la conclusion que l'importance du potentiel permet effectivement d'envisager l'exploitation du champ, l'accord d'évaluation technique pourrait naturellement déboucher sur la signature, avec l'État, d'un contrat d'exploration et de partage de production.
Le bloc Mbindji, d'une superficie de 4183 km2, avait été rendu à l'État par la société PanAfrican qui en était le premier opérateur. Cette entreprise avait abandonné le permis, faisant valoir, à cette époque, le caractère risqué et négligeable de la prospection de ce champ situé sur l'Ogooué, plus exactement dans la zone des lacs Ezanga et Onangué au sud de la plate-forme de Lambaréné.
Or aujourd'hui, l'intérêt de cette zone sédimentaire est renouvelé depuis la découverte, sur le permis mitoyen de Noumbi, sur la frontière sud de notre domaine pétrolier terrestre, du champ de Mboundi situé au Congo voisin, où Rockover réalise déjà .des activités pétrolières relativement intéressantes. En tout cas, la structure de base est confirmée par une autre découverte, certes réduite et non exploitée pour le moment, de l'Onango Alonha.
LA TRAQUE DU BRUT. Mieux, «avec l'assistance des nouvelles technologies, a déclaré le DG de Rockover, nous sommes confiants. Nous sommes engagés dans le développement de ce champ».
Avec la signature de ce nouvel accord, la société sud-africaine, qui était déjà présente dans le secteur terrestre du sud du Gabon, sur un bloc (MT 2000) situé dans les mêmes conditions géologiques, manifeste sa volonté de poursuivre la traque du pétrole dans cet espace.
Peut-être faut-il rappeler que la société Rockover en est à son quatrième contrat avec notre pays. «Il est encourageant, a relevé le ministre Onouviet, de constater la persévérance de cette entreprise sud-africaine et surtout la confiance qu'elle met dans la critique prônée par le chef de État Omar Bongo Ondimba qui souhaite, et le gouvernement avec lui, que aventure pétrolière se poursuive au Gabon». Là aussi, le ministre a adressé ses remerciements au nom du président de la République.
La persévérance de Rockover est d'autant, plus encourageante que l'activité pétrolière sur la terre ferme nécessite une forte mobilisation de capitaux, surtout dans le contexte de grandes forêts et autres complications naturelles qui caractérisent le Gabon.
Cela montre en tout cas que les sociétés continuent de s'intéresser, malgré les nombreuses embûches qui se dressent sur leur chemin vers l'exploitation du brut, au domaine on-shore pétrolier du pays. Il faut simplement se donner les moyens de chercher et de trouver l'or noir, et de l'exploiter pour le développement du Gabon. Encore une fois, ainsi qu'aime le rappeler le ministre des Mines, «il ne s'agit pas de slogan politique, il s'agit d'une réalité, d'une bataille pour le développement de notre pays...»