Face à ce qu ils ont appelé « blocage, », ces derniers ont dit leur disponibilité à aider le chef de l'Etat et le chef du gouvernement à relancer les choses.
SIGNÉ le 26 septembre 2003 dans le but d'aider le chef de l'Etat à mener à terme les négociations avec les bailleurs de fonds internationaux d'une part, puis de renforcer la paix et la cohésion sociale d'autre part, la Trêve sociale suscite aujourd'hui beaucoup d'appréhensions.
Signe des temps, ce sont quinze partenaires sociaux signataires dudit texte mais non membres du Comité de suivi, l'instance que se préside Martin Allini, qui se plaignent de ce que « pas, grand-chose, depuis la signature, n a été fait.» Par la voix de jean-Robert Menié, président du Syndicat libre des transporteurs du Gabon et porte-parole du groupe, ils l'ont clairement dit au Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, entouré pour-la circonstance du vice-Premier ministre en charge de l'Aménagement du territoire, représentant le gouvernement au sen du Comité de suivi, Emmanuel Ondo Methogo, et du ministre du Commerce chargé du Népad, Paul Biyoghé Mba.
C'était le 12 novembre dernier, au cours d'une audience que le chef du gouvernement leur a accordée. Jean-Robert Ménié a d'abord remercié le Premier ministre pour avoir accepté de les rencontrer en dépit de son calendrier très chargé. Il s est étonné ensuite de ce que, « aussi bien sur un plan général que sur le plan sectoriel, rien n' a été fait depuis la signature du protocole d'accord, lequel prévoit pourtant un bilan tous les six mois.» Il a poursuivi en déclarant: « Le Comité de suivi, miné par des querelles de leadership et d'intendance, se détourne de son objectif. C'est pourquoi nous pensons qu'il y a problème. » Mesurant la responsabilité prise en signant un tel accord, les quinze pensent qu'il faut tout faire pour relancer un protocole qui est tout de même inédit, non seulement en Afrique, mais dans le monde.
Aussi, ont-ils proposé au chef du gouvernement de « recadrer les choses ». Et ont dit leur disponibilité à aider le président de la République et le Premier ministre dans ce sens: « Nous. avons un plan de relance du protocole que nous souhaiterions proposer au chef de l'Etat », a conclu le porte-parole.
A la suite de quoi Jean-François Ntoutoume Emane a salué le sens des responsabilités de ses interlocuteurs qui s'étaient abstenus d'actes dommageables, ainsi que le laissaient croire les rumeurs les plus insistantes. Réagissant à leurs propos, Jean-François Ntoutoume Emane a d'abord fait savoir que par rapport au principe de rotation prévu dans le protocole, d'accord, huit d'entre eux seront membres du Comité de suivi en décembre prochain, en remplacement, de leurs collègues. Tout en reconnaissant qu'effectivement un certain nombre de choses, auraient pu trouver des solutions (par exemple les élections au sein des syndicats, voire la révision de la loi sur les syndicats), le Premier ministre s'est inscrit en faux, contre les affirmations du porte-parole des non membres du Comité de suivi. Faisant d'abord remarquer l'importance que le chef de l'Êtat attache à cet accord, Jean-François Ntoutoume Emane a révélé que le président de la République a instruit les ministres membres du Comité de suivi d'être plus réguliers aux réunions de travail de cette structure. Mieux, il leur a demandé de lui faire le bilan, chacun dans son secteur, de ce qui a été fait dans le cadre de la Trêve sociale. Et il ne serait pas surprenant qu'il préside lui-même, dans les prochains jours, certaines réunions du Comité de suivi. Le chef du gouvernement a ensuite rappelé aux partenaires sociaux le contexte particulièrement difficile dans lequel cet accord est appelé à être appliqué,.« Certes, vos, adhérents vous observent. Mais sachez aussi que le gouvernement a dés contraintes.»
Tout en souhaitant d'ores et déjà bon vent à ceux des partenaires sociaux qui feront partie du Comité de suivi en décembre prochain, le chef du gouvernement a cependant stigmatisé le manque de communication perceptible entre les partenaires sociaux membres et non membres du Comité de suivi. Aussi leur a-t-il recommandé une concertation plus fréquente entre eux afin d'éviter un certain nombre de malentendus.