Moins de cinq mois après avoir hérité des Transports, Paul Mba Abessole est très attendu pour redynamiser ce secteur qui voit le financement alloué par l'Etat s'amenuiser d'année en année.
DE 1980 à 1990, les seuls secteurs du Transport et des Travaux publics ont absorbé en moyenne 100 milliards de francs d'investissements annuels, représentant la moitié des investissements publics.
Jusqu'au milieu des années 1990, ils consommaient encore le tiers du budget d'investissement (53 milliards de francs sur 160 milliards de francs environ, en 1996).
Le chemin de fer, dont la construction de 1980 à 1989 a coûté 710 milliards de francs et qui a absorbé, entre 1984 et 1986, plus de 50% de l'ensemble des investissements publics, voit actuellement sa part se réduire au profit de la route.
L'importance des investissements réalisés a permis au Gabon de constituer un patrimoine d'infrastructures de transport approximativement équivalant a son PIB (2500 milliards de francs en 1996).
Par ailleurs, en dépit de l'importance des investissements publics engagés dans le secteur des transports, les ressources financières consacrées aux dépenses d'entretien ont été nettement inférieures aux besoins.
C'est ainsi qu'une partie du réseau routier se révèle, par défaut d'entretien, impraticable notamment pendant les saisons pluvieuses. De la même façon, l'Office du chemin de fer transgabonais (Octra) devenu Société d'exploitation n'a pu répondre à la demande de transport ferroviaire.
La stratégie de transport que le gouvernement avait adopté a la fin des années 90, pour un délai de 15 ans, tenait compte des spécificités et contraintes nationales et internationales qui s'imposent à notre pays.
Cette stratégie intégrait quatre déterminants principaux qui tiennent au phénomène de concentration urbaine, aux spécificités de la démographie, de la géographie et du climat, aux impératifs macro-économiques nationaux de gestion des finances publiques, et à la mondialisation des échanges.
COHERENCE• La politique de transport doit donc s'insérer dans le programme d'ajustement adopté par le
gouvernement, en respectant les engagements souscrits par le Gabon.
En effet, la problématique du transport dans notre pays tient à certains facteurs critiques qui sont: l'étendue du territoire, la dispersion géographique de la demande, les coûts des facteurs, les caractéristiques géographiques etc.
Pour ces raisons, le système de transport remplit difficilement sa mission. Cette situation était encore supportable jusqu'à la crise économique de 1986. Certes, les choses se sont un peu améliorées, mais dix ans après les réflexes ne sont pas encore adaptés aux nouvelles contraintes.
La comparaison entre les besoins du transport qui sont énormes et les moyens dont dispose l'Etat conduit à rechercher un équilibre en explorant trois facteurs : la rationalisation des investissements, la détermination du niveau et de l'origine des ressources et la recherche de l'efficacité et du rendement.
Pour atteindre ce pari, plusieurs objectifs avaient été retenus en son temps. Le premier est l'organisation du système de transport en un secteur productif et rationnel répondant aux besoins et aux lois de l'économie de marché.
Le deuxième est le soutien du plan d'aménagement du territoire et de renforcement de l'intégration économique et sous-régionale. Le troisième est la sauvegarde du patrimoine du secteur des transports, et le quatrième est l'allègement du poids de transport dans le budget l'Etat.
A côté de cela, il faut ajouter la réduction des coûts de transport pour les usagers et l'amélioration de la qualité du service et de la sécurité, l'amélioration de la circulation urbaine et périurbaine, et enfin le renforcement de la capacité de gestion des institutions du secteur.