Les conditions dans lesquelles travaillent les agents de l'État en poste au ministère de la Fonction publique sont loin d'être reluisantes. Le chef du gouvernement s'en est lui-même rendu compte hier lors de sa visite. Des améliorations s'imposent si l'on veut redonner aux uns et aux autres une envie réelle de travailler.
SI pour beaucoup de passants le bâtiment qui abrite le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative ne présente pas à première vue une image de dégradation, il n'en est pas autant, en tout cas, pour tous ceux qui ont eu à entrer en ces lieux. C'est véritablement l'envers du décor, tellement l'état de délabrement des bureaux est criant. De toute évidence, le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane a pu lui-même s'en rendre compte hier lors de la visite qu'if a effectuée à ce département ministériel.
Accompagné par le nouveau responsable des lieux, Egide Boundono-Simangoye qui lui a fait faire le tour du propriétaire, Jean-François Ntoutoume Emane a pu constater que les agents du ministère de la Fonction publique travaillent dans une précarité qui, même si elle n'est pas absolue, n'en est pas moins évidente.
Que ce soit au cabinet du ministre, au secrétariat général, de même que dans les différents services que compte ce ministère, le constat est le même: avarie des matériaux, détérioration de la structure dans son ensemble. Une situation à laquelle il faut ajouter les effectifs pléthoriques dans les bureaux, le manque d'air conditionné et même de ventilation, l'absence de fournitures de bureau et bien d'autres encore. Un cadre exécrable à souhait à l'origine sûrement de l'altération de la productivité des agents de ce département ministériel. Pour tout dire, ce ministère a trop de carences et cela ne peut nullement exercer sur les agents une quelconque émulation.
À l'issue de sa visite, le Premier ministre s'est montré peu bavard, ce qui contraste avec ses habitues. Néanmoins cette visite lui a permis de s'imprégner des conditions dans lesquelles les fonctionnaires affectés dans ce département mènent leurs tâches quotidiennes. Le chef du gouvernement a dû se faire une petite idée de tout ce qui peut être fait dans l'immédiat pour permettre à ces agents de mener au mieux les missions qui leur sont confiées.
DÉSOLATION • Même si pour beaucoup, le ministère de la Fonction publique constitue le poumon de l'administration gabonaise, il est clair qu'au regard de ce que l'on a pu constater, ce département est bien loin de correspondre à l'importance qui lui est attribuée. Bien au contraire, il passe même pour être le rebut de l'administration.
Alors que l'on croyait que la réforme administrative passait d'abord et avant tout par la restauration du cadre de travail. Eh bien non, ce sont ces structures délabrées qui sont appelées à l'accompagner. On comprend donc aisément les raisons fondamentales qui empêchent le guichet unique de Fonctionner. Vu que celui-ci suppose que tous les ministères concernés par son application soient présents au niveau de la Fonction publique. Or, les structures d'accueil n'étant pas du tout adéquates, personne d'autre que les agents de la Fonction publique ne vient à ce fameux guichet unique. L'alternative consiste donc à apporter les dossiers à tous ceux qui sont impliqués, comme par exemple le directeur du Budget. Ce qui cause le plus souvent les retards dans le traitement d'un certain nombre d'entre eux Puisque apporter les dossiers aux différents protagonistes implique lés moyens de transport. Ce qui n'est pas toujours le cas. Toute chose qui a conduit certains à appeler le guichet unique: "le cimetière de l'administration", ou mieux encore le "lieu où les dossiers viennent s'échouer".
De toute évidence, aucun service du ministère n'échappe à cette image de désolation. Il ne reste plus aux décideurs qu'à faire en sorte que les agents de la Fonction publique travaillent dans le meilleur cadre possible.