Placé parmi les priorités pour l'année 2005, le ministère de l'Agriculture, de l'Élevage, et du Développement rural, verrait son budget d'investissement passer de 1 500 000 000 à 4 200 000 000 F CFA. Celui du fonctionnement connaîtrait une hausse 21 277 700 F CFA, passant de 2 637 562 300 à 2 658 840 000 F CFA.
Les auditions des membres du gouvernement par les députés, dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2005, se poursuivent au palais Léon. Parmi les hôtes des élus membres de la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique cette semaine, figure le ministre de l'Agriculture, de l'Élevage, et du Développement rural, Faustin Boukoubi. Arrivé à la tête de ce département depuis seulement deux mois, l'homme est parti défendre les choix de sa nouvelle administration par rapport à la répartition de son budget pour l'année 2005.
Une répartition qui s'est faite en tenant également comte des su&gestions de certains compatriotes. Notamment des parlementaires lors de la conférence-débat organisée en septembre 2004, par le groupe parlementaire PDG sur le thème: "Réalités et perspectives de développement de 'I agriculture au Gabon".
Ainsi, le budget du ministère de l'Agriculture pour l'année prochaine s'élèverait à 6 858 840 000 F CFA. Il se répartit entre le fonctionnement (2 658 840 000 F) et l'investissement (4 200 000 000 F CFA). Le volet fonctionnement qui connaît une hausse de 2177 700 F est réparti entre la solde permanente, les salaires de la main-d'œuvre non permanente, les cotisations internationales, la subvention de l'Office national du développement rural, et le fonctionnement général. (biens et services). Toutefois, le ministre a sollicité une rallonge de 282 millions de F CFA pour certains besoins relatifs notamment au FIDA, la redynamisation de certaines structures administratives, et l'organisation des états généraux sur le développement agricole et rural.
En ce qui concerne le budget d'investissement, il se répartit entre les projets cofinancés (1700 000000 F) et les ressources gabonaises (2 500 000 000 F). Dans la première catégorie on peut citer, entre autres, l'appui au développement de l'agriculture périurbaine, l'appui aux initiatives rurales, les micros-jardins, etc.
NOUVELLE POLITIQUE. Dans le cadre de la seconde catégorie, le ministre Boukoubi a cité la CIAM, les statistiques agricoles, l'Office national de développement rural, l'Ecole nationale de développement rural, etc. Toutefois il faut mentionner le financement des nouvelles orientations du ministère. Il s'agit par exemple du renforcement du système national des contrôles des denrées alimentaires, le programme national d'investissement à moyen terme, le programme spécial de sécurité alimentaire, le programme de relance café-cacao, le programme national de défense des cultures, l'appui au développement des cultures maraîchères et vivrières, etc.
Le ministre de l'Agriculture est également revenu sur le budget octroyé à son département en 2004. 11 s'agit de 4 137 562 300 F CFA dont 2 637 562 300 F pour le fonctionnement et 1 500 000 000 F pour l'investissement (intégrant le milliard de financement extérieur pour le programme d'appui au développement de l'agriculture périurbaine.
L'hôte des élus a également souligné qu'il apparaît nécessaire demeure en oeuvre une nouvelle politique agricole pour traduire en actions concrètes la volonté du chef de l'État de faire de l'agriculture une priorité. Parce qu'il a fait remarquer que les ressources allouées a ce secteur jusque-là étaient essentiellement destinées aux agro-industries. Et la stratégie de développement agricole basée sur des agro-industries et l'encadrement des paysans à travers les opérations zonales intégrées (VZI) ont montré leurs limites. À en juger par la situation actuelle des Sogadel, Siaeb, Socagab, Hevegab, AgroGabon, etc.
SITUATION PRÉOCCUPANTE • Selon le ministre, les nouvelles stratégies envisagées par son département devraient consister à mettre en œuvre les actions relatives au renforcement des capacités du ministère à assumer ses missions de régulation, de recherche, de formation et d'encadrement. Le patron de l'agriculture a ajouté la promotion du développement rural intégré, l'accroissement de la production agricole, la sécurité alimentaire, le développement des filières rentables et compétitives, etc.
Dans une brève présentation de son département ministériel, le ministre Boukoubi a souligné que l'agri culture constitue l'une des alternatives "sérieuses" pour la diversification de notre économie. C'est ce qu'ont reconnu les plus hautes autorités du pays en déclarant ce secteur prioritaire, aussi bien en 1976 que récemment (août 2004). «Cependant, dira l'hôte des députés, l'agriculture gabonais joue encore un rôle marginal dans l'économie nationale, sa participation à la formation du produit intérieur brut est passé de 15% en 1965 à environ 5% en 2003.»
Une situation préoccupante dans la mesure où on enregistre de plus en plus une baisse considérable de notre niveau d'autosuffisance alimentaire et de l'apport en calories par habitant... L'orateur a dit que les importations alimentaires de notre pays sont aujourd'hui évaluées a un peu plus de 140 milliards de F CFA. Et le changement des habitudes alimentaires au profit des produits importés, contribue à réconforter cette tendance.
Relevant les contraintes qui entravent le développement agricole du Gabon, Faustin Boukoubi a évoqué le vieillissement des producteurs en milieu rural, l'exode rural persistant, le coût élevé des moyens de production modernes, le manque de mesures incitatives, l'absence ou l'insuffisance des infrastructures d'accompagnement (routes, pistes agricoles, etc.), la faiblesse des budgets alloués à ce département, etc. A cela, il faut ajouter l'absence d'une politique nationale affirmée de développement agricole.
En somme, il revient donc à l'honorable Luc Oyoubi, le président de la Commission des finances, du budget, et de la comptabilité publique de l'Assemblée nationale et ses collègues d'apprécier, lors de l'examen du projet de loi de finances, la justesse des arguments du ministre de l'Agriculture, Faustin Boukoubi.