Clotaire-Chritian Ivala a dernièrement défendu le projet de budget de son département face aux députés. D'une manière générale les fonds alloués à ce département par l'État connaissent une décroissance due entre autres au fait que désormais les Forces de police nationale ne sont plus sous la tutelle de l'avenue de Cointet.
LA Commission des finances, du budget, et dé la comptabilité publique de l'Assemblée nationale continue sa série d'auditions des membres du gouvernement dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2005. Parmi ceux qui ont été hôtes de l'honorable Luc Oyoubi, le président de ladite commission, et ses collègues, le ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, Clotaire-Christian Ivala.
Dans son exposé des motifs le ministre de l'Intérieur a d'abord rappelé aux députés les missions de son département. Lesquelles se résument à l'administration du territoire, la tutelle des collectivités locales, la préparation en amont des élections politiques, l'administration des partis politiques et des associations, la gestion des frontières, et la sécurité pénitentiaire. «Il s'agit là, a dit le ministre Ivala, des missions très vastes à l'échelle du pays tout entier et qui nécessitent des ressources matérielles, financières et humaines conséquentes ainsi que d'importantes infrastructures.»
Dans son organisation, le ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation est constitué des services centraux composés du cabinet du ministre, de l'inspection générale, et du secrétariat général qui, lui, coiffe trois directions générales. Notamment celle de l'administration du territoire, celle de la décentralisation, et celle des élections. A cela. il faut également ajouter les services déconcentrés, à savoir 9 gouvernorats, 47 préfectures, 150 cantons, 736 regroupements de villages, et 2423 villages. Il y a également 97 collectivités locales composées de 50 communies et 47 départements. Le ministère de l'Intérieur c'est aussi le corps "autonome" paramilitaire de la sécurité pénitentiaire avec ses services déconcentrés.
Passant au vif du sujet, Clotaire-Christian Ivala a souligné que pour remplir toutes ces missions, son département ministériel va bénéficier d'un budget d'un montant total de 20 milliards 558 millions 67 mille F CFA contre 30 milliards de F CFA pour l'exercice 2004 qui englobait à l'époque les forces de police nationale. Ce budget se repartit en fonctionnement pour 18 milliards 458 millions 67 mille F CFA, et investissement pour 2 milliards 100 millions de F CFA.
AUGMENTATION • Le locataire de l'avenue de Cointet a dit qu'en terme réel, en tenant compte du détachement de la police nationale, le volet fonctionnement des services enregistre une augmentation 6 milliards de F CFA puisque ces mêmes services ne totalisaient que 12 milliards 666 millions 84 mille F CFA en 2004. «Mais pour tout dire, a relevé l'orateur, cette augmentation résulte de la réinsertion au sein du budget de mon département, de la dotation relative au ramassage des ordures ménagères qui, comme vous le savez, avait plutôt été affectée l'année dernière au département de la Ville.» Le ministre Ivala a précisé que cette dotation est gérée directement par les collectivités locales.
La répartition du budget de fonctionnement se fait entre les crédits gérés directement par les services du ministère et ceux qui le sont paf le département des Finances. En gestion directe on distingue les services centraux (136 millions 898 mille F CFA), les services déconcentrés (858 millions 739 mille F CFA), révision des listes électorales (58 millions 111 mille F CFA), sécurité pénitentiaire (817 millions 857-mille F CFA), collectivités locales (9 milliards 857 millions 508 mille F CFA dont 6 milliards 95 millions 8 mille pour les ordures ménagères, et 3 milliards 762 millions 500 mille pour les salaires des dirigeants).
En gestion décentralisée, on notera que les services centraux prendraient 2 milliards 731 millions 900 mille F CFA. Un montant qui se repartit entre la solde permanente (2 milliards 231 millions) et les partis politiques (500 millions). Toujours dans le même cadre, il y a aussi la sécurité pénitentiaire (3 milliards 136 millions 892 mille), la fête nationale du 17 août dont la dotation n'intègre pas les deux provinces retenues pour abriter les festivités de l'année 2005 (129 millions 429 mille).
REGRET • Au compte de manquements relevés par Clotaire-Christian Ivala, à ce niveau il y a par exemple le fait que ce budget de fonctionnement ne prend pas en compte certaines dépenses de souveraineté (quand elles ne sont pas simplement minorées) telle que l'opération de révision des listes électorales dont les charges se chiffrent à des centaines de millions de F CFA, mais pour laquelle 60 millions seulement ont été consentis... S'agissant de l'administration pénitentiaire, le ministre a dit que les besoins prioritaires demeurent traditionnellement, l'habillement et l'alimentation. «Mais, a-t-il dit, force est de constater que les dotations y afférentes s'avèrent insuffisantes en raison d'une part, des effectifs notables d'agents que compte désormais ce corps paramilitaire, et de la surpopulation carcérale d'autre part.»
En ce qui concerne le budget d'investissement, il est arrêté à la somme de 1 milliard 600 millions de F CFA contre 1 milliard 700 millions pour le compte de l'exercice 2004. Soit une légère baisse de 100 millions. Le ministre Ivala a noté, sur fond de regret, que la subvention allouée annuellement aux collectivités locales est restée inchangée en dépit d'énormes besoins, exprimés par ces entités décentralisées. out comme, aucune augmentation n'a été observée au niveau de la sécurité pénitentiaire dont le budget d'investissement est reste a 500 millions F CFA comme pour l'exerce précédent.