SITOT après le passage devant la Représentation nationale des ministres d'État Casimir Oyé Mba (Planification et Programmation du développement) et Paul Toungui (Économie, Finances, Budget et Privation) pour prendre le projet de loi de finances pour le compte de l'exercice budgétaire 2005, le tour est revenu aux autres membres du gouvernement de se soumettre au même rituel, avec néanmoins la particularité qu'ils s'emploient simplement à défendre les choix et les besoins budgétaires de leurs départements respectifs.
Dernièrement le tour est revenu,entre autres, à la ministre d'État, ministre de la Santé publique et de la Population, Paulette Missambo, de se prêter à l'exercice en venant soumettre aux députés les besoins de son ministère. Dans son exposé des motifs, elle a d'abord et avant tout présenté le département dont elle a désormais la charge. Celui-ci, de son point de vue «constitue le terreau dans lequel tout développement se réalise en y puisant les énergies dont il a besoin pour son épanouissement». C'est en tout cas au regard de l'importance de ce secteur que «dans le cadre de la politique sociale du président de la République, la santé a été placée en priorité dans les différents plans de développement de notre pays». C'est en cela justement que ce secteur a été placé au rang des priorités pour l'exercice budgétaire de l'année en cours.
Mais en dépit de la place privilégiée accordée à la santé, il ressort des évaluations faites récemment, que «notre système de santé publique évolue en dents de scie» du fait qu'il y a à la fois «une évolution positive du fait des acquis et des potentialités» et aussi «des insuffisances et des faiblesses qui contrastent malheureusement avec la place pourtant prioritaire accordée a ce secteur», dont le budget alloué au titre de l'exercice budgétaire 2004, a rappelé la ministre d'État, est, en ce qui concerne le fonctionnement, de 39,353 milliards de Fcfa, et l'investissement est de 10,5 milliards de Fcfa.
Pour ce qui est des recettes générées par chaque centre hospitalier, Paulette Missambo a fait savoir aux députés que: «Chaque structure sanitaire faisant des recouvrements est assistée d'une agence comptable du ministère des Finances pour une gestion transparente des deniers publics.» Les recettes de ces structures sanitaires varient entre 40 millions de Fcfa et 3,5 millions de Fcfa par mois, selon que l'on se trouve à Libreville (CHL) ou à l'intérieur du pays (les hôpitaux régionaux).
BUDGET EN BAISSE• Les recettes propres de ces établissements sanitaires, a précisé le membre du gouvernement, ont servi à couvrir, du moins en ce qui concerne celles de l'intérieur du pays, les charges sociales, à payer les primes de ,responsabilité, a compléter le payement de la main-d'oeuvre non permanente, etc.
Pour l'exercice budgétaire 2005, Paulette Missambo a présenté aux représentants du peuple, un projet de budget en baisse. Même si en ce qui concerne le fonctionnement celui-ci est en légère hausse, un peu plus de 40,202 milliards soit 211 % de plus que l'année 2004. En revanche, il s'effondre considérablement s'agissant du budget d'investissement qui ,passe de 10,5 milliards en 2004 à seulement 5,5 milliards en 2005 soit une diminution de l'ordre de 49%. En clair, au titre de l'exercice budgétaire 2005, les besoins du ministère de la Santé publique et de la Population ô se chiffrent à un peu lus de 45, 702 milliards de Fcfa contre à peu près 49. 853 milliards de Fcfa au titre de l'exercice i budgétaire en cours.
Ceci s'explique peut-être par le fait que le nouveau ministre de la Santé envisage de refonder le système sanitaire national eu égard aux évaluations de la mise en oeuvre du plan sectoriel qui a révélé l'inefficacité de notre système de santé. Pour redresser la barre donc, la ministre d'État envisage d'organiser des États généraux de ra santé, pour que tous ceux qui oeuvrent essentiellement dans ce domaine et le gouvernement élaborent un plan de développement sanitaire du Gabon. Elle s'est dit prête à travailler avec les ONG et les organismes internationaux pour l'amélioration sinon la transformation de notre système de santé.
Un programme ambitieux au demeurant qui nécessite réellement des moyens humains, matériels et financiers conséquents. Reste que les difficultés économiques que connaît notre pays peuvent constituer un facteur bloquant pour la mise en oeuvre de ce vaste programme.