Si la soixantaine de bus parqués depuis plusieurs mois à Akournam II ne peuvent plus être remis en marche, à tout le moins, le fruit de leur vente pourrait permettre à la société de transport de renflouer ses caisses, d'une part et d'autre part, d'acquérir de nouveaux véhicules.
DEPUIS quelques années, les villes gabonaises font face à une difficulté de taille : les transports en commun. Ceux-ci, sont, non seulement insuffisants, mais ils présentent en outre une panoplie de manquements, notamment,. l'organisation, l'entretien du parc automobile, l'état défectueux de la majorité des axes routiers empruntés qui freine la fluidité du trafic...
A Libreville, singulièrement, en dehors des traditionnels taxis; on trouve les bus de la Société gabonaise de transport (Sogatra) et une catégorie toute nouvelle d'opérateurs qui est entrain d'occuper progressivement le terrain : les transporteurs clandestins ou "clandos".
La Sogatra, mise sur pied il y a plusieurs années (1997) après la disparition de la Société de transport de la ville de Libreville (Sotravil, décédée en 1987), est venue soulager un marché où la demande tendait de plus en plus à écraser l'offre. Se délacer dans la capitale était des lors devenu un véritable casse-tête gabonais. Malheur à ceux qui n'étaient pas propriétaires d'un moyen de locomotion, ne fut-ce qu'un deux-roues, voire un cercueil roulant.
Les choses devenant intenables et vu la demande sans cesse croissante de la population soumise aux caprices des chauffeurs de tous poils, devenus entre temps arrogants et irrespectueux du fait de la situation dé monopole ainsi créée, le gouvernement a alors fait le geste utile en créant- un peu sur les cendres de l'ex-Sotravil - une entreprise publique de transport dotée d'un conseil d'administration et d'une autonomie de gestion.
Seulement depuis sa mise en fonction, la Sogatra reste confronté au problème du parc automobile qui a tendance à se dégrader rapidement.. Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs. D'abord le mauvais état du réseau routier urbain, parfois dégradé à 75%, l'action humaine, notamment la destruction des autobus par une catégorie d'élèves irresponsables, la qualité souvent discutable du produit d'origine, le manque de pièces de rechange dû -à certains moments à leur coût prohibitif, avec tout ce que cela comporte comme frais de commande, de transport, de douane...
DIMINUTION DES MOYENS DE TRANSPORT • Tous ces éléments combinés ont fait en sorte, que plusieurs autobus de la Sogatra, pourtant acquis à prix d'or, soient tout simplement mis sur cale, en attendant l'achat des pièces détachées. Une situation qui a vite fait de créer à nouveau la pénurie en bus et automatiquement, une diminution des moyens de transport urbain.
Face à tout cela, la Sogatra s'est vue récemment obligée de se doter d'une cinquantaine de bus neufs pour renforcer son parc qui commençait à maigrir. Cette acquisition, jugée importante par les usagers, aurait été plus significative si et seulement si, les anciens bus, faute d'être parqués dans la zone d'Akournam II, dans la commune d'Owendo,avaient été au moins pour moitié, remis en, état de marche. Le cas échéant, simplement revendus à des particuliers qui auraient certainement pu trouver des solutions adéquates.
Aujourd'hui, le promeneur de passage devant l'Ecole nationale des instituteurs (ENI) d'Owendo peut constater avec effroi, l'entassement d'une soixantaine de bus ayant servi, mais qu'on n'a pas pu remettre en service pour les raisons évoquées plus haut. Un cimetière à ciel ouvert qui donne froid dans le dos et procure des idées aux propriétaires des casses et autres garages, tentés d'aller s'approvisionner en pièces détachées dans ce site non surveillé.
Et si on revendait entièrement ces carcasses aux usines spécialisées dans la fonderie ? Peut-être que le fruit de cette transaction commerciale permettrait à la Sogatra de renflouer ses caisses, d'une part, et d'autre part, d'acquérir par voie de conséquence, de nouveaux véhicules qui viendraient renforcer de manière significative, un parc automobile encore limité. Vivement une réflexion mûrie pour trouver à ce problème non négligeable, une solution des plus appropriées. Ne diton pas que l'argent appelle l'argent ?