Quels sont les candidats à la reprise ? Existe-t-il des facteurs bloquants pour mener à terme le processus ? Quel travail a déjà été fait par le gouvernement pour que le dossier de Gabon Télécom soit acceptable chez le prochain opérateur ? Et d'autres questions encore ...Puis les réponses.
LE processus de privatisation de l'opérateur principal des télécommunications, Gabon Télécom, a démarré à la fin du mois d'avril 2000. A cette époque, le gouvernement avait lancé un appel 'offres pour le choix d'une banque d'affaires qui devait assister le gouvernement dans la privatisation de Gabon Télécom. HSBC, une banque anglaise, est désignée adjudicataire de l'offre.
Ce processus aboutit, en juillet 2002, à la publication d'un avis de pré-qualification dés investisseurs potentiels intéressés par la transaction. Au terme de cet avis de pré-qualification, neuf dossiers ont été reçus et analysés. Sept offres sur neuf sont faites par des opérateurs de télécommunications, et deux par des investisseurs financiers. Tous les dossiers présentés satisfont aux critères établis, les notifications sont adressées aux soumissionnaires le 30 octobre 2002.
Les sept candidats pour la partie "télécommunications sont naturellement France Télécom. Mais il y a aussi d'autres opérateurs- tels que Detecon, une filiale de la société allemande Deutsch Telecom. Il y a Korea Télécom International(Corée du sud), Maroc Télécom (filiale de Vivendi Universal à 35%), Portugal Telecom, Telenor (Norvège) et enfin ZTE, une entreprise chinoise.
Les deux investisseurs financiers, eux, sont le Consortium BGFI (Gabon) et la société libyenne Lafico.
Du 22 au 25 avril 2009, une mission de la Banque mondiale et de la banque anglaise HSBC a séjourné à Libreville pour faire le point sur le processus de privatisation du groupe Gabon Télécom et discuter des éléments de réflexion sur le choix de la stratégie de privatisation.
Deux semaines plus tard, le Conseil des ministres du 14 mai 2003 adopte une stratégie de privatisation en deux étapes. D'abord, le lancement d'un appel d'offres avant fin pour l'ouverture de 35% du capital couplé à un mandat de gestion. Ensuite, l'ouverture de la majorité du capital devant avoir lieu dans un deuxième stade lorsque les conditions de marché se seront améliorées.
PUBLICATION D'APPEL D'OFFRES• La phase de qualification est lancée avec la parution de l'avis d'appel d'offres dans plusieurs journaux : Jeune Afrique l'Intelligent, Financial Times, Wall Street journal, quotidien L'Union plus, etc. Au terme de la phase de qualification (31 juillet 2003), cinq opérateurs soumettent un dossier :Sonatel (Sénégal, France Télécom s'étant retiré à son profit); Detecon (Filiale Deutsch, Allemagne), Maroc Télécom (Filiale de Vivendi Universel à 35%), Telenor (Norvège) et enfin ZTE de Chine.
Par ailleurs, Portugal Telecom, Libancell et MTN demeurent intéressés par la transaction et souhaiteraient former un consortium avec l'un des opérateurs qualifiés. Précisons aussi que les deux financiers retenus dans la phase de pré-qualification restent toujours en lice.
Après la clôture du financement de la Banque mondiale le 30 juin 2004, le gouvernement gabonais décide de poursuivre le processus de privatisation de Gabon Télécom en reprenant l'ensemble des engagements du contrat «Banque mondiale» et en garantissant le paiement du budget supplémentaire exigé par le consultant. Un avenant relatif aux clauses de poursuite de processus est donc signé avec HSBC le 2 août 2004. La clôture de la transaction dans les cinq prochains mois reste optimiste mais paraît plus réaliste si certaines conditions sont remplies.
Premièrement, le plan social. Même si celui-ci n'est pas encore signé, il est déjà élaboré par une commission interne de Gabon Télécom. Il a été affiné par un expert et transmis au Comité de privatisation. Deuxième préalable : les projets de textes réglementaires qui sont transmis depuis juin 2004 au ministère de la Communication. Celui-ci devrait incessamment les introduire en Conseil des ministres pour examen. Troisièmement, il y ale statut du personnel. Sur cette question, on attend la notification de la position de la Fonction publique. Quatrièmement : les titres fonciers. A ce sujet, le décret n'est pas encore ratifié. Il a enfin la nécessité, pour Gabon Telecom, d'actualiser les états financiers, surtout après la signature du nouvel accord d'interconnexion avec Libertis.
AVANCÉES SIGNIFICATIVE. Pour autant, ces conditions ne font pas oublier que des progrès ont été enregistrés quant à la levée de certains facteurs bloquants. Ainsi, on note d'abord que Gabon Télécom a cessé de subventionner Gabon Poste (cette subvention est désormais à la charge de l'État). On note aussi l'entente intervenue entre Gabon Télécom SA et les opérateurs mobiles quant aux redevances d'interconnexion perçues le 13 juillet 2000 et le 31 décembre 2001. Pour sa part, le gouvernement a défini l'échéance pour le repaiement de ses arriérés de consommation couvrant les périodes 1994-1999 et 2001-2002. Ce même gouvernement procède au pré-paiement depuis janvier 2003, de ses communications téléphoniques. Enfin, les droits rattachés aux licences GSM ont été revus.
Concernant la liste des investisseurs, elle reste limitée, à ce jour, aux cinq opérateurs connus, en attendant que d autres candidatures se manifestent, profitant de la révision de la stratégie adoptée par le gouvernement. Depuis le 4 septembre dernier, il se propose désormais de céder au moins 50% du capital de Gabon Télécom SA au lieu des 35% initialement proposés. Le triple souci du gouvernement est, premièrement, d'adapter la stratégie de privatisation au vu de la conjoncture sectorielle actuelle. Ensuite, de pouvoir effectuer un nouveau tour de piste des grands opérateurs mondiaux afin de renforcer la liste des investisseurs qualifiés. Enfin, de prendre contact avec ces derniers pour maximiser la liste des candidats potentiels.
Il va de soi que les préalables ci-dessus doivent être traités avant même que le dossier d'appel d'offres soit finalisé.