LA création de treize parcs nationaux, le 30 août 2002, dans notre pays avait fait pousser un profond ouf de soulagement aux amis et diverses organisations non gouvernementales (ONG) oeuvrant dans la conservation de la nature au Gabon. Chacun voyait, en effet, dans ce geste du gouvernement la reconnaissance et la récompense de leurs efforts déployés, jusqu'alors. Hélas, à la vague d'optimisme se substitue désormais une pénible sensation de chagrin et de colère pour toutes les structures environnementales.
Lors d'un point de presse tenu récemment à son siège, l'ONG Brainforest a fait mention de rapports alarmants.
Des missions de prospection dans les différents parcs nationaux révèlent la présence d'exploitants miniers, forestiers et de pétroliers, affirme l'ONG Brainforest qui oeuvre dans la sauvegarde de l'environnement et de la délimitation des aires protégés.
Pour le porte-parole de cette structure, Marc Ona Essangui, il faut mettre un terme immédiatement à cette situation pendant qu'il est encore temps car, « (...) tout type d'exploitation des ressources au sein des parcs non conformes aux objectifs fixés par les décideurs, ainsi que l'arrêt des prospections minières à l'intérieur des parcs ».
La poursuite de ces activités « non conformes aux objectifs fixés par les décideurs» risquerait de menacer l'équilibre fragile de nos parcs nationaux et Fa pérennité des projets de conservation de l'écosystème gabonais, avertit M. Ona Essangui.
Pour être plus précis, l'ONG Brainforest indique que ses équipes de surveillance ainsi que celles. dès autres défenseurs de l'environnement «signalent des opérations de prospection minière dans le parc national des Monts de Cristal, une exploration pétrolière au sein du périmètre du parc de national de Loango».
De même, déplore l'ONG Brainforest, « de nombreux cas d'exploitation forestière sont encore signalés à ce jour à l'intérieur de la plupart des parcs ».
A cette série de griefs non exhaustive s'ajoute « le braconnage qui ne ait que prendre de l'ampleur à l'intérieur de nos espaces protégés »,insiste Marc Ona Essangui, le porte-parole de l'ONG Brainforest.
La pollution en hydrocarbures (pétrole brut et produits dérivés) au large et dans certains endroits de la côte de Mayumba a aussi été évoquée au cours du point de presse de l'ONG Brainforest.
Par conséquent, « face à cette situation qui, à terme, pourrait compromettre le processus de mise en valeur des parcs nationaux au Gabon, Brainforest en appelle à la responsabilité des acteurs impliqués dans l'application des textes en vigueur en la matière, et demande donc au gouvernement d'imposer la transparence dans la gestion de ce dossier pour que tous les acteurs jouent franc jeu », a conclu le porte-parole de l'ONG BrainForest, Marc Ona Essangui.